La pollution sonore entraîne le déclin des populations de moineaux

le
0
La population des moineaux a baissé de 66 % entre 1970 et 2009 en Grande-Bretagne
La population des moineaux a baissé de 66 % entre 1970 et 2009 en Grande-Bretagne
Depuis déjà plusieurs décennies, le bruit est devenu l'une des préoccupations principales dans les milieux urbains. Las ! La faune et la flore, elles aussi perturbées par les nuisances sonores, ne sont pas prises en compte dans la réflexion...

Une série de seuils de niveau sonore doivent être respectés en fonction de la nature du bruit et du type de bâtiment concerné afin de préserver les habitants de la pollution sonore. Malheureusement, les différentes réglementations sur le bruit ne protègent que les êtres humains. Or, la ville représente la plupart du temps un milieu hostile pour la faune sauvage, même si cette réalité n'empêche pas la biodiversité de se développer en milieu urbain.

Il reste que pour un nombre croissant d'espèces d'oiseaux, le bruit en ville perturbe la communication acoustique. Les différentes formes connues de l'adaptation des oiseaux au bruit urbain sont globalement connues et, selon l'espèce et l'importance des nuisances, le chant devient plus aigu, plus court, plus souvent répété, sa structure est modifiée et son intensité augmente.

Les phases de chant sont également perturbées et décalées dans la journée.

Une biodiversité perturbée

En milieu urbain, la plupart des espèces doivent être en mesure de moduler leur chant. Malheureusement, toutes ne peuvent pas se prévaloir d'une telle capacité d'adaptation, aussi le bruit en ville constitue-t-il un facteur de réduction de la biodiversité qu'il faut impérativement prendre en compte.

Une étude réalisée par l'Université de Sheffield (Grande-Bretagne) met en particulier en avant le déclin des populations de moineaux dû aux perturbations sonores. Les adultes ne peuvent en effet pas entendre les appels de leurs petits, qui sont recouverts par le bruit urbain. Plus vulnérables, ceux-ci ont davantage de risques de se faire attaquer ou de mourir de faim.

Une autre expertise plus ancienne, menée en 2000 et qui concernait des populations de moineaux sur l'île de Lundy, dans le canal de Bristol (Grande-Bretagne), avait déjà permis de comparer les comportements des oiseaux vivant à côté des générateurs de l'île et ceux ét ablis dans des zones plus calmes. Les scientifiques avaient constaté que ces derniers sont davantage nourris que ceux vivant dans un environnementplus bruyant.

« Le recouvrement de la communication acoustique est susceptible d'être responsable d'une réduction de l'approvisionnement en nourriture pour les petits et les parents », a résumé Julia Schroeder, l'auteure principale de l'étude la plus récente. La RSPB (Royal Society for the Protection of Birds) ne prétend pas autre chose, elle qui vient d'inscrire le moineau sur la liste des espèces menacées. Leur population a il est vrai baissé de 66 % entre 1970 et 2009 de l'autre côté de la Manche, preuve que la protection de l'environnement est encore très loin d'être pleinement assurée.
Lire la suite
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant