La politique immobilière de la Ville attaquée au Conseil de Paris

le
1
INFOGRAPHIE - Un bilan de la politique du logement a été présenté lundi, alors qu'un sondage révèle que 70% des Parisiens sont insatisfaits par les mesures prises.

C'est la préoccupation principale des Parisiens. Et ce sera, comme l'a rappelée Anne Hidalgo, la première adjointe au maire, «la bataille des batailles» lors des prochaines élections municipales. La politique du logement de la Ville était en tout cas au c½ur des débats du Conseil de Paris lundi. Les élus devaient se prononcer sur un bilan de l'action municipale en la matière. Ouvrant la séance, Bertrand Delanoë s'est livré à un exercice d'auto-satisfecit, évoquant une «production volontariste de logements sociaux», puisqu'au total, 70.000 auront été financés durant les deux mandatures. «En construisant, en réhabilitant, en conventionnant, nous avons maintenu à Paris une population que la seule loi du marché en aurait inexorablement chassée dans les années 2000, comme elle l'avait déjà fait dans les années 1980 et 1990.» Une action qui ne semble pourtant pas satisfaire les Parisiens. Le jour même, un sondage BVA pour le gratuit 20 Minutes pointait à l'inverse leur grogne à ce sujet. 70 % d'entre eux se déclarant «pas vraiment, voire pas du tout satisfaits».

Ils ne sont pas les seuls à être mécontents. À droite, Jean-François Legaret (UMP) a dénoncé le manque de dynamisme de la politique immobilière de la Ville. «Les dépenses foncières d'investissement en logements et en équipements publics atteignent 1,7 milliard d'euros. Alors que le chiffre des recettes foncières est de 1,3 milliard. Si on fait le solde, la totalité des dépenses a été intégralement compensée par les recettes. Cela signifie, Monsieur le maire, que votre politique du logement ne vous a pas coûté un seul euro et que vous n'avez pas investi dans le logement des Parisiens.»

À droite comme au Parti communiste, on reproche surtout au maire d'embellir son bilan en incluant dans les 6000 logements sociaux que la Ville finance chaque année des habitations déjà existantes, dont une partie bénéficie déjà à des foyers modestes. «Ces conventionnements représentent un tiers des 6000 logements sociaux», estiment les élus PC, qui avaient pourtant fait adopter un v½u, il y a un an et demi, dans lequel la Ville s'engageait à ne pas intégrer ces logements dans le décompte.

Car c'est autant d'appartements qui ne sont pas construits, alors que les demandeurs de logements sociaux ne cessent d'augmenter. Ils sont passés de 100.000 en 2001 à 135.000 aujourd'hui. Et la semaine dernière, Anne Hidalgo avait affirmé que 70 % des Parisiens étaient éligibles au logement social. «Vous entretenez l'espoir que vous arriverez à les loger: c'est la grande escroquerie delanoïste», a fustigé Jérôme Dubus (UMP), expliquant: «Plus vous conventionnez, plus il y a de demandeurs de logements sociaux.»

Cette pratique aurait aussi une autre conséquence «perverse» selon Jean-François Legaret: celle de transformer la politique actuelle du logement en «système d'éviction au détriment des classes moyennes». Citant une étude de l'Atelier parisien d'urbanisme (Apur), Jérôme Dubus a précisé: «La part des locataires présents lors d'un conventionnement représente 60 % des occupants des opérations récentes et seulement 45 % des occupants des opérations les plus anciennes.» Le maire a répliqué que «13.000 familles ont pu conserver leurs logements grâce à notre opposition déterminée aux opérations brutales de vente à la découpe, et 19.000 ménages ont pu accéder à la propriété grâce à la refondation et à l'extension du prêt logement.»


Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • xaavidf le mardi 23 avr 2013 à 11:56

    Paris est déja une des villes les plus denses au monde, il y a 2,3 millions d'habitants...le probleme du logement doit ^tre résolu a l'échelle du grand paris, au niveau national par une décentralisation plus poussée. Avec le télétravail et le TGV, on pourrait essayer de transférer des administrations vers Le Mans, Reims, Tours...