La politique d'asile australienne pointée du doigt à l'Onu

le , mis à jour à 21:38
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GENEVE, 9 novembre (Reuters) - Le Conseil des droits de l'homme des Nations unies a critiqué lundi la politique de l'Australie en matière de droit d'asile, en lui reprochant d'avoir créé des centres de détention en dehors de son territoire, d'emprisonner des enfants et d'avoir renvoyé dans leurs pays des réfugiés répondant aux critères d'asile. Les gouvernements australiens successifs se sont engagés à empêcher les migrants d'atteindre le territoire australien et ceux qui sont interceptés en mer sont redirigés vers des camps qualifiés de dangereux et insalubres sur les îles Christmas, dans l'océan Indien, Manus, en Papouasie Nouvelle-Guinée, et Nauru, dans le Pacifique. Des émeutes ont éclaté la semaine dernière dans un centre de détention de l'île Christmas après la mort d'un réfugié. John Reid, chef de la délégation australienne au forum de Genève sur les droits de l'homme, a défendu cette politique en expliquant qu'elle permettait au gouvernement de maîtriser ses programmes d'aide et d'accueil -- dont celui de 12.000 réfugiés syriens et irakiens auquel il s'est récemment dit disposé. Steve McGlynn, un représentant du ministère de l'immigration et de la protection des frontières, a précisé que 2.044 migrants étaient actuellement détenus dans ces centres, dont 113 enfants, après "un pic de 2.000 (mineurs) mi-2013". Les demandes d'asile de 30.000 réfugiés ont été acceptées, a-t-il ajouté. "Aucun demandeur d'asile qui répond à nos obligations en matière de protection n'est jamais renvoyé vers un pays dans lequel il serait en danger", a assuré Andrew Goledzinowski, chargé du trafic humain au ministère des Affaires étrangères. L'Australie, dont le bilan est examiné tous les quatre ans, comme celui des autres membres de l'Onu, a néanmoins essuyé des critiques de la part de nombreux pays, dont la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne, le Canada et les Etats-Unis. Outre sa politique d'asile, elle a été pointée du doigt pour le nombre important d'enfants aborigènes emprisonnés ou encore la stérilisation forcée de personnes handicapées. (Stéphanie Nebehay; Tangi Salaün pour le service français)

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