La police pakistanaise disperse une manifestation d'opposants

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 (Actualisé avec précisions, déclarations d'Imran Khan) 
    ISLAMABAD, 28 octobre (Reuters) - La police pakistanaise a 
tiré des gaz lacrymogènes en direction d'une foule de partisans 
de l'opposant Imran Khan qui manifestaient vendredi en dépit de 
l'interdiction des rassemblements. 
    Aucun bilan n'a été communiqué, mais les chaînes de 
télévision diffusaient les images de policiers chargeant la 
foule avec des matraques alors que s'échappait vers le ciel les 
panaches des gaz lacrymogènes. 
    Imran Khan, ancienne gloire du cricket pakistanais 
reconvertie dans la politique, avait prévu de se joindre à la 
manifestation organisée au lendemain de l'arrestation de 
dizaines de membres de son parti, le Pakistan Tehreek-e-Insaf 
(Mouvement pakistanais pour la justice, PTI), mais la police 
l'en a empêché en encerclant son domicile. 
    S'exprimant devant son domicile, Imran Khan a dénoncé son 
"quasi-placement en résidence surveillée" par l'impressionnant 
déploiement de policiers autour de sa résidence. 
    "A tous mes partisans, je dis de se préparer au 2 novembre", 
a-t-il déclaré à la presse. 
    Le PTI a prévu d'organiser mercredi prochain une opération 
"ville morte" à Islamabad, la capitale du Pakistan, lors de 
laquelle il espère faire descendre un million de personnes dans 
la rue et contraindre les écoles, les bâtiments publics et 
l'aéroport international à fermer. 
     
    SOUPÇONS DE CORRUPTION 
    Les forces de l'ordre ont fait irruption jeudi soir lors 
d'un rassemblement de jeunes membres du PTI et en ont arrêté une 
quarantaine. 
    "La police a maltraité nos femmes et nos fils, c'est pour 
cela qu'Imran Khan a appelé à des manifestations à travers le 
pays", a expliqué une porte-parole du PTI. 
    Une source au sein du PTI a toutefois déclaré vendredi à 
Reuters qu'une manifestation prévue samedi serait 
vraisemblablement annulée. 
    Ces tensions interviennent alors que le Premier ministre 
Nawaz Sharif est déjà confronté à une nette détérioration des 
relations entre son parti, la Ligue musulmane du Pakistan 
(PML-N) et l'influente armée pakistanaise qui lui reproche la 
divulgation d'informations après la réunion du cabinet de 
sécurité. 
    Le PTI d'Imran Khan déplore de son côté que Nawaz Sharif se 
maintienne au pouvoir alors que de lourds soupçons de corruption 
pèsent sur lui. Ces accusations ont été alimentées par les 
révélations des "Panama papers" qui montrent que sa fille et ses 
deux fils détiennent des sociétés immatriculées aux Îles Vierges 
britanniques. 
    S'il n'est pas interdit au Pakistan de détenir des parts 
dans des sociétés basées dans des paradis fiscaux, Imran Khan 
accuse la famille Sharif de les utiliser pour recycler des fonds 
récoltés grâce à la corruption, ce qu'elle réfute. 
    Imran Khan a lui-même reconnu au mois de mai avoir utilisé 
une société offshore pour éviter de payer une taxe au Trésor 
public britannique après la vente d'un bien immobilier à 
Londres. 
 
 (Drazen Jorgic et Asad Hashim; Nicolas Delame pour le service 
français) 
 
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