La police mérite le respect, pas le mépris, dit Obama à Dallas

le
0
 (Actualisé après le discours) 
    par Jon Herskovitz et Jeff Mason 
    DALLAS, 12 juillet (Reuters) - Barack Obama a rendu hommage 
mardi à la police de Dallas, dont cinq hommes ont été tués la 
semaine dernière par un ancien réserviste noir à l'issue d'une 
manifestation contre les violences des forces de l'ordre à 
l'encontre des minorités.  
    "Nous savons que la très grande majorité des agents de 
police accomplissent un travail incroyablement dangereux et 
difficile avec équité et professionnalisme. Ils méritent notre 
respect, pas notre mépris. 
    "Et, quand quelqu'un, même bien intentionné, taxe tous les 
policiers de partialité ou de sectarisme, nous nuisons à ces 
agents dont dépend notre sécurité", a déclaré le président des 
Etats-Unis lors d'une cérémonie organisée au Morton H. Meyerson 
Symphony Center où, symboliquement, cinq chaises sont restées 
vides.  
    Lors des négociations avec les unités d'intervention jeudi 
dernier, le tireur nommé Micah Johnson, qui était âgé de 25 ans, 
a dit vouloir "tuer des blancs", avant d'être lui-même tué par 
un robot porteur d'explosifs. 
    Il a ouvert le feu à la fin d'un défilé organisé pour 
dénoncer la mort de deux noirs, tués par la police à 
Bâton-Rouge, en Louisiane, et dans la banlieue de Saint-Paul, 
dans le Minnesota. Outre les cinq tués, neuf policiers et deux 
civils ont été blessés. 
    "Sans votre action, ceux que nous pleurons aujourd'hui 
seraient plus nombreux", a poursuivi Barack Obama devant une 
foule de plusieurs centaines de personnes, où de nombreux 
uniformes étaient visibles.  
    "Même si la manifestation portait sur l'attitude de la 
police, même s'il y avait des slogans ou des chants avec 
lesquels ils étaient en profond désaccord, ces hommes et ce 
service ont fait leur travail avec leur professionnalisme 
habituel." 
     
    GEORGE W. BUSH PLAIDE POUR "L'UNITÉ DE L'ESPOIR" 
    Son prédécesseur George W. Bush s'est également exprimé lors 
de cette cérémonie. "Les forces qui nous divisent semblent 
parfois plus fortes que celles qui nous unissent. Les querelles 
tournent trop facilement à l'animosité. Nous ne voulons pas 
l'unité des reproches, ni celle de la peur. Nous voulons l'unité 
de l'espoir, de l'affection et des grandes ambitions", a-t-il 
déclaré.  
    Barack Obama, qui a écourté un voyage en Europe après cette 
tuerie, devait ensuite s'entretenir avec les proches des agents 
tués et avec des blessés.  
    Comme après la plupart des fusillades qui ont défrayé la 
chronique pendant ses deux mandats, le président a de nouveau 
plaidé pour une réforme de la législation sur les ventes 
d'armes.  
    Un débat sur le sujet s'est ouvert au Sénat après la tuerie 
d'Orlando, qui a fait 49 morts le 12 juin et dont le bilan était 
sans précédent aux Etats-Unis, mais il est jusqu'ici resté 
stérile du fait des divergences entre républicains. 
    Mercredi, Barack Obama doit évoquer les moyens de rétablir 
la confiance entre les communautés et la police avec des élus et 
des représentants des mouvements de défense des droits civiques. 
    "Mon coeur est lourd. Je n'en peux plus de voir mes frères 
et mes soeurs se faire tuer, mais la police ne mérite pas ça. Je 
prie pour qu'Obama nous ramène un peu de paix", a déclaré 
Sharice Williams, venue de Waco pour assister à la cérémonie de 
Dallas.  
 
 (Avec Lisa Maria Garza, Ayesha Rascoe, Richard Cowan et Julia 
Edwards,; Eric Faye et Jean-Philippe Lefief pour le service 
français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant