La police égyptienne arrête deux journalistes

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    Le CAIRE, 2 mai (Reuters) - La police égyptienne a fait une 
descente dans les locaux du syndicat des journalistes dimanche 
et arrêté deux journalistes qui s'étaient montrés critiques à 
l'égard du gouvernement, ont dit un responsable du syndicat 
ainsi que des journalistes. 
    Le ministère de l'Intérieur a démenti que des forces de 
l'ordre ont pris d'assaut le bâtiment, situé dans le centre du 
Caire, mais a confirmé que certains journalistes du syndicat 
avaient été arrêtés. 
    Les forces de sécurité n'ont eu de cesse de réprimer tout 
mouvement de contestation depuis que des milliers de personnes, 
indignées par la décision du président Abdel Fattah Sissi de 
restituer à l'Arabie saoudite deux îles de la mer Rouge, sont 
descendues dans les rues le 15 avril et ont réclamé la chute du 
gouvernement. 
    Il s'agissait de la manifestation d'opposition la plus 
importante depuis qu'Abdel Fattah Sissi est arrivé à la 
présidence en 2014. 
    Les forces de sécurité ont également dispersé le 25 avril 
d'autres manifestations, moins importantes que celle du 15. 
    Dimanche, alors que des journalistes organisaient un 
"sit-in" dans les locaux du syndicats, des officiers de police 
en ont arrêté deux, travaillant pour le site d'opposition 
Bawabet Yanayer, rapporte le journal progouvernemental Al Ahram. 
    "L'incident est véridique et, pour le moins, le ministre de 
l'Intérieur doit être limogé et des excuses doivent être 
présentées", a dit à Reuters Khalid al-Balshy, un membre du 
syndicat des journalistes. 
    Al Ahram, citant un autre responsable du syndicat, a 
rapporté que 50 officiers de police étaient entrés dans le 
bâtiment, ce que conteste le ministère de l'Intérieur. 
    "Le syndicat n'a pas été pris d'assaut. Un nombre limité 
d'officiers, pas plus de quatre ou cinq, sont entrés et les ont 
arrêté (les journalistes)", a dit sur la chaîne CBC le 
porte-parole du ministère de l'Intérieur. 
    Mahmoud Kamel, également membre du conseil du syndicat des 
journalistes,a précisé qu'un mandat d'arrêt à l'encontre des 
deux journalistes avait émis il y a une semaine et que le 
syndicat était en négociations avec le ministère de l'Intérieur 
à ce sujet. 
    "Ce qui s'est passé est sans précédent. Aucun président, 
aucun Premier ministre, aucun ministre de l'Intérieur n'a jamais 
osé faire une telle chose", a poursuivi Mahmoud Kamel. 
    Des dizaines de journalistes ont organisé un nouveau sit-in 
dans le syndicat pour protester contre les arrestations, a dit 
un journaliste. 
 
 (Bureau du Caire, Benoit Van Overstraeten pour le service 
français) 
 
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