La police diffère son intervention contre les pro-Morsi au Caire

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LES FORCES ÉGYPTIENNES DIFFÈRENT LEUR INTERVENTION CONTRE LES PRO-MORSI
LES FORCES ÉGYPTIENNES DIFFÈRENT LEUR INTERVENTION CONTRE LES PRO-MORSI

par Michael Georgy

LE CAIRE (Reuters) - L'intervention des forces égyptiennes de sécurité pour disperser les partisans du président déchu Mohamed Morsi réunis au Caire, qui était annoncée pour ce lundi à l'aube, a été différée.

D'après une source sécuritaire, l'opération a été reportée en raison du grand nombre de manifestants qui ont afflué sur les deux sites de rassemblement des pro-Morsi après l'annonce de l'imminence d'une intervention.

Des sources des services de sécurité et du gouvernement intérimaire avaient annoncé dimanche que la police égyptienne commencerait à intervenir aux premières heures de la journée, après la fin des célébrations de l'Aïd el Fitr, qui clôt le mois de jeûne du ramadan.

Une source haut placée dans l'appareil de sécurité affirmait alors que "les forces de sécurité de l'Etat seront déployées autour des sit-in à l'aube pour entamer les procédures qui pourraient conduire à une dispersion".

Mais les partisans du président issu des Frères musulmans, qui occupent deux places du Caire depuis sa destitution et sa mise aux arrêts par l'armée, le 3 juillet, refusent de quitter les lieux tant qu'il n'aura pas été rétabli dans ses fonctions.

On ignore pour l'heure si les policiers égyptiens engageront plus tard dans la journée une intervention susceptible de provoquer une nouvelle confrontation sanglante avec les milliers de partisans de Morsi qui participent aux sit-in.

Depuis la destitution du premier président librement élu de l'histoire du pays, les violences politiques ont fait quelque 300 morts, dont plusieurs dizaines de sympathisants islamistes tués par les forces de sécurité.

Des diplomates occidentaux et arabes mais aussi de hauts responsables du gouvernement intérimaire égyptien s'efforcent de dissuader l'armée de recourir à la force pour déloger les campements islamistes de Rabaa al Adaouia, dans le nord-est de la capitale, et de la place Nahda, près de l'université du Caire.

Mais dans le même temps, le général Abdel Fattah al Sissi, chef d'état-major des forces armées qui a prononcé la destitution du président, est soumis à des pressions fortes de la part des "radicaux" de l'armée qui veulent en finir avec les rassemblements des pro-Morsi, notent des sources sécuritaires.

Devant la mosquée de Rabaa al Adaouia, leur bastion, les partisans du président destitué ont renforcé leurs défenses, empilant des sacs de sable et des pierres.

"Nous nous attendons à ce que tout se produise à tout moment. Mais le débat sur la dispersion ne nous affecte pas, nous restons ici", a dit Assam Abou Ammar, un des manifestants.

L'Alliance nationale de soutien à la légitimité, qui inclut les Frères musulmans, a appelé de son côté à de nouvelles manifestations contre l'armée "dans toutes les provinces" du pays.

Avec Shadia Nasralla; Henri-Pierre André pour le service français

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