La "police des polices" saisie sur la sécurité à Nice

le , mis à jour à 14:25
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    * Libération évoque des "failles et un mensonge" 
    * Bernard Cazeneuve accepte de saisir la "police des 
polices" 
    * Soutien appuyé de François Hollande au ministre de 
l'Intérieur 
 
 (Actualisé avec Hollande, préfecture) 
    PARIS, 21 juillet (Reuters) - La polémique sur les mesures 
de sécurité mises en place sur la promenade des Anglais de Nice, 
où 84 personnes ont été tuées dans une attaque au camion lors 
des festivités du 14 juillet, a incité jeudi le gouvernement à 
ouvrir une enquête interne. 
    Sous le feu des critiques, le ministre de l'Intérieur 
Bernard Cazeneuve a annoncé qu'il allait demander à la "police 
des polices" une évaluation technique du dispositif de sécurité 
mis en place lors du feu d'artifice.  
    La saisie de l'Inspection générale de la police nationale 
(IGPN) avait été réclamée par Christian Estrosi, le premier 
adjoint au maire Les Républicains, qui s'est félicité sur 
Twitter de la décision du ministre de l'Intérieur.  
    Saluant l'initiative, François Hollande a annoncé que cette 
inspection rendrait son rapport dès la semaine prochaine. 
    "Nous aurons là la preuve qu'il y a eu toujours dans ces 
préparations le sérieux nécessaire. S'il y a pu avoir des 
insuffisances, elles seront connues", a-t-il dit lors d'un 
déplacement en Irlande. 
    "Il n'y a pas de place pour la polémique, il n'y a de place 
que pour la transparence", a-t-il ajouté, jugeant que son 
ministre avait fait preuve pendant cette période marquée par des 
manifestations et des "menaces très sérieuses" sur la France de 
"sang-froid", de "rigueur" et de "compétence".  
    La question des moyens déployés le soir de l'attaque commise 
par Mohamed Lahouaiej Bouhlel au volant de son camion fait 
l'objet depuis une semaine d'une vive polémique entre 
l'opposition de droite et le gouvernement. 
    Alors que plusieurs familles de victimes ont annoncé leur 
intention de porter plainte contre l'Etat, voire la 
municipalité, Libération dénonce dans son édition de jeudi "des 
failles et un mensonge" du gouvernement. 
     
    DEUX BARRAGES ONT ETE FRANCHIS 
    La préfecture a indiqué dès le 16 juillet que la mission de 
sécurisation de la zone piétonne avait été confiée à la police 
nationale, renforcée par des équipages de la police municipale, 
une version démentie par le quotidien. 
    "Contrairement à ce qu'a affirmé le ministère de 
l'Intérieur, l'entrée du périmètre piéton de la promenade des 
Anglais n'était pas protégé par la police nationale le 14 
juillet au soir", écrit le quotidien.  
    Photo à l'appui, il affirme que cette entrée n'était 
surveillée que par deux agents municipaux, les agents de la 
police nationale ayant été "relevés aux alentours de 20h30 par 
leurs collègues municipaux". 
    Dans un communiqué publié dans la nuit, le ministre de 
l'Intérieur s'est indigné de ces "contre-vérités". 
    Bernard Cazeneuve dénonce des "procédés qui empruntent aux 
ressorts du complotisme" et qui "laissent penser que le préfet 
des Alpes-Maritimes, le ministre de l'Intérieur et le Premier 
ministre auraient cherché à travestir la vérité". 
    Mais le quotidien et le ministre ne parlent pas du même 
barrage, car il y en avait en réalité deux, selon le communiqué 
du ministre de l'Intérieur. 
    Celui évoqué par Libération se trouvait à 400 mètres de 
distance de la "Prom'Party" pour dévier la circulation, à 
l'angle du boulevard Gambetta.  
     
    DEUX BARRAGES 
    Bernard Cazeneuve confirme que celui-ci était effectivement 
tenu par la police municipale qui avait "comme prévu relevé la 
police nationale" vers 21h00.  
    Mais il explique qu'il y avait un second barrage à l'angle 
de la rue Meyerbeer qui, lui, donnait "l'accès à la zone 
piétonne de la Prom'Party". 
    Or, ce deuxième barrage "était sécurisé par un barrage de la 
police nationale, deux voitures stationnées sur la chaussée et 
six fonctionnaires", affirme-t-il.  
    Adolphe Colrat, le préfet des Alpes-Maritimes, a démenti 
lors d'une conférence de presse les "mensonges de communication" 
dénoncés par Libération.  
    "Le point de contrôle par la police nationale de l'entrée 
dans le dispositif de la Prom'Party se situait bien rue 
Meyerbeer. Par ailleurs, ce point avait été convenu avec la 
ville", a-t-il assuré. 
    "A l'instant du passage du camion au point Meyerbeer, 400 m 
plus loin, ce sont bien trois des six policiers nationaux qui 
sont intervenus, poursuivant le camion et contribuant à sa 
neutralisation en moins de deux minutes", a ajouté le préfet. 
   En saisissant l'IGPN d'une évaluation technique du dispositif 
de sécurité et d'ordre public, Bernard Cazeneuve entend 
convaincre de la réalité de ce dispositif, qui a été validé 
selon lui par la municipalité. 
   Selon Libération, Mohamed Lahouaiej Bouhlel a commencé son 
carnage bien avant le premier barrage de déviation, des agents 
municipaux signalant son passage près du Centre universitaire 
méditerranéen aux alentours de 22h33. 
    Au moment où les policiers en faction au niveau du boulevard 
Gambetta sont alertés, le chauffeur est quasiment sur eux et ils 
n'ont pas le temps de faire usage de leur pistolet. 
 
 (Gérard Bon, avec Matthias Galante à Nice et John Irish à 
Dublin, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • bouchet1 il y a 5 mois

    pourquoi il n'y avait pas de barrage efficace? genre blocs de béton pouvant neutraliser un camion?