La police de Hong Kong déloge les protestataires de Mong Kok

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(Actualisé avec déclarations, précisions) par Clare Baldwin et James Pomfret HONG KONG, 17 octobre (Reuters) - Des centaines de policiers de Hong Kong sont intervenus vendredi matin avant l'aube dans le quartier de Mong Kok pour démanteler un campement des manifestants pro-démocrates, rapporte un journaliste de Reuters. C'est la cinquième opération de ce genre depuis le début de la semaine dans l'ancienne colonie britannique où les démocrates réclament le droit d'élire librement le futur chef de l'exécutif régional. Mong Kok, quartier densément peuplé, se situe sur le continent, entre les Nouveaux territoires et la péninsule de Kowloon. Le lieu principal de la contestation, près du siège du pouvoir exécutif dans le quartier d'Admiralty, se trouve lui sur l'île de Hong Kong, de l'autre côté de Victoria Harbour. A Mong Kok, les policiers, équipés de casques, de boucliers et de matraques, ont fait irruption depuis quatre directions différentes. Les précédentes interventions policières avaient provoqué des confrontations parfois tendues avec les protestataires. Les images d'un manifestant se faisant molester mercredi par une demi-douzaine de policiers ont tourné en boucle. Cette fois, rien de tel. Les policiers ont surpris les manifestants de Mong Kok en plein sommeil et n'ont pas rencontré de résistance. "Ils occupaient tout ce secteur depuis près de trois semaines, nous avons donc décidé qu'il était temps de rendre à la population un droit de passage, de rendre les rues à la circulation et de rétablir l'accès des piétons", a expliqué le superintendant Barry Smith, un des officiers britanniques qui assument encore des fonctions hiérarchiques dans la police de Hong Kong, héritage de l'époque coloniale. Quelque 800 agents de police ont participé à l'opération de démontage des barricades. Les accès au campement des protestataires avaient été bloqués pour interdire à d'autres manifestants de rejoindre leurs camarades. Aucune interpellation n'a été mentionnée. "L'évacuation méprisable ordonnée par le gouvernement de Hong Kong va susciter une nouvelle vague de manifestations citoyennes", a réagi l'animateur de radio Wong Yueng-tat, un des activistes en pointe dans le mouvement présent sur les lieux. "Nous avons appelé les manifestants à poursuivre cette stratégie de 'protestation flottante' pour garder les rues", a-t-il ajouté. Le démantèlement du campement de Mong Kok était attendu. Il réduit encore le nombre de sites occupés par les manifestants. Certains occupants délogés vendredi à l'aube ont rassemblé leurs affaires et semblent avoir pris la direction d'Admiralty, point focal de la contestation sur l'île de Hong Kong. D'autres se sont établis sur Nathan Road, la grande avenue commerçante qui descend vers le sud et le port. "L'OCCUPATION N'EST PAS TERMINÉE" Jeudi, le chef de l'exécutif régional, Leung Chun-ying, avait laissé entendre qu'un dialogue pourrait se nouer la semaine prochaine. L'arrivée des policiers à Mong Kok a provoqué par conséquent la colère des manifestants. "Je suis furieuse. Le gouvernement annonce qu'il est disposé à parler avec les étudiants puis envoie la police pour disperser notre campement", s'emporte Cony Cheung, 21 ans. Le mouvement Occupy Central, qui milite depuis des mois pour des élections libres et démocratiques dans l'ancienne colonie britannique, a pris de l'ampleur cet été, lorsque le Parlement chinois a annoncé que seuls quelques candidats "patriotes" préalablement sélectionnés par un comité désigné par le pouvoir pourraient briguer les suffrages des électeurs de Hong Kong lors des prochaines élections, en 2017. La contestation s'est transformée au cours du dernier week-end de septembre en une "révolution des parapluies" en réaction à une violente intervention de la police contre des étudiants. Au plus fort de la contestation, on a compté jusqu'à 100.000 manifestants dans les rues de Hong Kong. Mais le mouvement s'est essoufflé tandis que le soutien dont il disposait parmi la population s'est fragmenté à mesure que les occupations dans l'espace public perturbaient l'activité économique et commerciale. A Mong Kok, des équipes de nettoyage ont déblayé vendredi matin les vestiges du campement, ramassant les déchets et débris divers qui formaient les barricades et décollant les affiches posées par les manifestants. "L'occupation n'est pas terminée. Le peuple reviendra", a dit Simon Siu, un des coordinateurs de la logistique du mouvement. (avec Bobby Yip; Henri-Pierre André pour le service français)

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