La police de Chicago de nouveau décriée après la mort de deux Noirs

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 (Actualisé avec communiqué du maire) 
    CHICAGO, 28 décembre (Reuters) - Les familles de deux 
Noirs-Américains, un étudiant et une femme de 55 ans, tués par 
balles par la police samedi matin à Chicago ont dénoncé dimanche 
l'usage d'une violence excessive et ont reproché au maire de la 
ville Rahm Emanuel de les avoir abandonnées. 
    Les policiers ont indiqué être intervenus après un appel 
téléphonique signalant une dispute familiale au domicile du père 
de Quintonio LeGrier, 19 ans, étudiant à la Northern Illinois 
University. 
    Des membres de la famille ont expliqué avoir appelé les 
secours car le jeune homme menaçait son père à l'aide d'une 
batte de base-ball. Les policiers ont indiqué qu'à leur arrivée 
sur les lieux ils avaient dû "affronter un individu combatif". 
    La seconde victime, Bettie Jones, 55 ans, mère de cinq 
enfants, a été tuée accidentellement par une balle qui a 
traversé la porte de son appartement, selon des membres de sa 
famille. La police de Chicago a reconnu qu'elle avait été 
"accidentellement touchée et tragiquement tuée". 
    Cette nouvelle affaire intervient alors que la police de 
Chicago fait déjà l'objet d'une enquête fédérale ouverte en 
vertu de la protection des droits civiques. Les investigations 
portent sur un possible usage excessif de la "force létale" et 
sur le respect de la discipline dans les rangs de la police de 
la troisième plus grande ville du pays. 
    La diffusion récente d'une vidéo montrant la mort d'un 
adolescent noir tué en 2014 par un policier blanc a conduit à de 
nombreuses manifestations de colère doublées d'appels à la 
démission du maire de la ville, Rahm Emanuel, ancien secrétaire 
général de la Maison blanche au début du premier mandat de 
Barack Obama. 
    Dans un communiqué, le maire a réclamé un examen des 
méthodes d'intervention de la police. "Les tirs d'hier soulèvent 
de graves questions auxquelles devra pleinement répondre 
l'enquête de l'administration indépendante d'inspection de la 
police", ajoute-t-il.  
    Janet Cooksey, la mère de Quintonio LeGrier, a déclaré 
devant la presse que son fils avait été tué de sept balles. Elle 
avait auparavant indiqué aux journalistes que le jeune homme 
souffrait de troubles mentaux. 
    Plusieurs personnes qui se sont exprimées lors de cette 
conférence de presse portaient des T-shirts avec la mention 
"Rahm nous a laissé tomber". 
    Depuis un an et demi, plusieurs affaires d'Afro-Américains 
tués par des policiers ont provoqué des vagues de protestations 
dans différentes villes des Etats-Unis et un mouvement de 
défense des droits baptisé "Black Lives Matter" (La vie des 
Noirs compte) a été lancé. 
 
 (Justin Madden; Pierre Sérisier et Henri-Pierre André pour le 
service français) 
 
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