La police commence à évacuer les manifestants à Hong Kong

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par James Pomfret et Clare Baldwin HONG KONG, 11 décembre (Reuters) - Les autorités de Hong Kong ont commencé jeudi à faire évacuer le principal site occupé par les manifestants pro-démocratie depuis plus de deux mois. Au petit matin, plusieurs centaines de policiers sont arrivés dans le quartier d'Admiralty, situé tout près des bureaux du gouvernement et de Central, le quartier des affaires, tandis que des ouvriers portant des casques de chantier utilisaient des cisailles pour faire tomber les barricades érigées par les manifestants. Cette intervention fait suite à une décision de justice rendue mardi. "Tout le monde doit suivre la décision de justice et partir immédiatement", a déclaré un huissier. Les manifestants ont opposé peu de résistance. Ils ont rassemblé oreillers, couvertures et autres effets personnels qui se trouvaient à l'intérieur des tentes et se préparaient à partir. "Certains de mes amis sont prêts à rester jusqu'au dernier moment, mais je vais m'en aller", a déclaré Lucy Tang, une étudiante de 20 ans. "C'est sûr, cet endroit va me manquer. C'est devenu mon chez-moi." Beaucoup avaient les larmes aux yeux en quittant le site. D'autres soulignent que ce mouvement pour la démocratie a remis de la vie dans le mouvement pour la démocratie. "Le mouvement est un processus de réveil pour Hong Kong. Des gens, qui n'étaient pas intéressés par la police auparavant, le sont désormais et n'ont pas peur d'être arrêtés, notamment les jeunes", déclare Lee Cheuk-yan, député du Labour. "Le mouvement pour la démocratie est plein d'énergie. C'est le passage du flambeau d'une génération à l'autre." "NOUS REVIENDRONS" Une large banderole jaune portant un parapluie, symbole du mouvement et l'inscription : "nous reviendrons" est déployée dans le centre de la voie où les manifestants ont campé. Des messages du même genre sont affichés sur les tentes. Près de la base de l'Armée populaire de libération (APL, l'armée chinoise) dans le centre de la ville, une immense banderole orange traversant les barricades clame : "Ce n'est que le début". L'évacuation n'est pas la fin du mouvement, déclare le chef de la Fédération des étudiants de Hong Kong, Alex Chow. "On peut évacuer aujourd'hui, mais les gens reviendront dans les rues un autre jour", dit-il. Près de la base de l'APL, on pouvait apercevoir, assis, le magnat de la presse, Jimmy Lai, qui soutient les manifestants par des dons et par les articles de ses journaux. A ses pieds, une pancarte conseille : "Restez calme". Environ 7.000 policiers devaient être déployés en deux vagues pour réaliser l'évacuation, selon la presse de l'ex-colonie britannique. Avant l'évacuation finale, plus de 10.000 personnes se sont massées mercredi soir sur le site, malgré les appels des autorités à rester à l'écart. Hong Kong a été rétrocédé à la Chine en 1997 sous le régime "un pays, deux systèmes" qui donne à la ville plus d'autonomie et de liberté qu'au reste de la Chine communiste. Les manifestants réclament une liberté des candidatures pour la prochaine élection du chef de l'exécutif de Hong Kong, prévue en 2017. Le Parti communiste à Pékin veut sélectionner au préalable les candidats qui se présenteront au suffrage des électeurs de Hong Kong. (Avec Farah Master, Donny Kwok, Twinnie Siu, Lizzie Ko; Danielle Rouquié pour le service français)

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