La police américaine doit combler son déficit de confiance-Ramsey

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PHILADELPHIE, 5 décembre (Reuters) - La police américaine doit restaurer la confiance des minorités à son égard, a estimé jeudi Charles Ramsey, chef de la police de Philadelphie, que Barack Obama a chargé d'un rapport sur le sujet après les manifestations qui ont suivi la relaxe de policiers blancs responsables de la mort de deux noirs. L'ampleur de ces manifestations à New York et la violence de celles de Ferguson, dans le Missouri montrent l'étendue de ce déficit de confiance, a souligné l'officier, dans le cadre d'une interview. "Il y a une tension, de vrais problèmes. Ils pensent que les services de police ne sont ni équitables ni impartiaux. Ils n'ont plus du tout confiance en nous et nous devons y remédier", a-t-il déclaré. Barack Obama lui a confié lundi la présidence d'un groupe de travail chargé de formuler des recommandations pour restaurer cette confiance après le décès de Michael Brown à Ferguson et celui d'Eric Garner à Staten Island. ID:nL6N0TO4M3 Charles Ramsey partage cette présidence avec Laurie Robinson, professeur à l'Université George Mason, en Virginie, et ancienne vice-ministre de la Justice. Agé de 46 ans, il a exercé dans trois services de police différents où il a laissé l'image d'un artisan acharné de l'amélioration des rapports avec les minorités. Après avoir débuté sa carrière à Chicago, il a pris la tête de la police de Washington. C'est à ce poste qu'il a demandé au Département de la justice d'enquêter sur le recours à la force, ce qu'aucun responsable de police n'avait jamais fait et qui a, selon lui, "changé fondamentalement" les choses. Il a toutefois été mis en cause pour les nombreuses arrestations auxquelles les forces de l'ordre de la capitale fédérale ont procédé en 2002 lors des manifestations organisées à l'occasion des réunions de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international. A Philadelphie, Charles Ramsey a exigé que tous les agents débutent leur carrière à pied dans la rue. "La confiance passe par les relations et les relations mènent à la confiance", a-t-il souligné jeudi. Il n'a donné aucun indice quant à la teneur des recommandations qu'il doit remettre dans 90 jours, mais s'est dit admiratif du travail que la police de Boston a réalisé sur les réseaux sociaux après l'attentat de 2013 à l'arrivée du marathon de la ville. "Il y a beaucoup de moyens d'entrer en contact avec les gens aujourd'hui. Il ne suffit plus d'aller les rencontrer dans le sous-sol des églises", a-t-il ajouté. (Daniel Kelley, Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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