La police allemande critiquée après le suicide du suspect syrien

le
0
 (Actualisé avec critiques, précisions sur le suicide) 
    BERLIN, 13 octobre (Reuters) - La police et les autorités 
judiciaires du Land de Saxe, dans l'est de l'Allemagne, sont 
sous le feu des critiques au lendemain du suicide du jeune 
syrien de 22 ans qui était soupçonné de préparer un attentat à 
l'aéroport de Berlin.  
    Djaber Albakr, qui avait été activement recherché pendant 
deux jours après la découverte d'explosifs dans son appartement 
de Chemnitz, avait été remis lundi à la police par deux autres 
réfugiés syriens.  
    Il s'est pendu mercredi soir avec un t-shirt dans sa cellule 
de la prison de Leipzig, ont fait savoir les autorités.  
    Ce suicide "n'aurait jamais dû se produire", a reconnu le 
ministre saxon de la Justice, Sebastian Gemkow, dont certains 
réclament la démission. Il a toutefois assuré qu'aucune erreur 
n'avait été commise par l'administration.  
    Plusieurs personnalités politiques s'en sont prises à 
l'Union chrétienne démocrate (CDU) de la chancelière Angela 
Merkel, au pouvoir dans la Saxe, après la mort de Djaber Albakr, 
dont la traque infructueuse avait déjà suscité des critiques.  
    "Il s'agit d'une suite d'échecs sans précédent de la part de 
la police et de l'appareil judiciaire. On dirait que la Saxe n'a 
pas les moyens de lutter contre terrorisme de façon 
professionnelle", a commenté Thomas Oppermann, président du 
groupe parlementaire social démocrate (SPD).  
    Dénonçant un "scandale judiciaire", Alexander Hübner, 
l'avocat du jeune Syrien, s'est dit "choqué et absolument 
abasourdi qu'une telle chose ait pu se produire".  
     
    GRÈVE DE LA FAIM 
    Selon Rolf Jacob, directeur du centre de détention de 
Leipzig, Djaber Albakr a été présenté à un psychologue qui a 
écarté le risque d'un suicide. 
    Le jeune homme, qui était arrivé en Allemagne en février et 
avait obtenu le statut de réfugié, était dans un premier temps 
surveillé tous les quarts d'heure. Les visites ont ensuite été 
espacées d'une demi-heure, bien qu'il ait manipulé une douille 
électrique après avoir démonté une ampoule.  
    "Aucun signe majeur ne montrait qu'il était perturbé", a 
poursuivi Rolf Jacob. Son corps a été découvert à 19h45 (17h45 
GMT).  
    Son avocat assure en revanche que ses tendances suicidaires 
étaient connues et souligne qu'il avait décidé d'entamer une 
grève de la faim immédiatement après son arrestation.  
    L'enquête, pendant ce temps, se poursuit et la police 
cherche à déterminer si Djaber Albakr avait des complices. 
    "Nous ne savons pas encore s'il y avait des gens qui 
tiraient les ficelles", a déclaré le procureur Klaus Fleischmann 
lors d'une conférence de presse. 
    Djaber Albakr avait déclaré aux enquêteurs peu avant son 
suicide que les trois Syriens qui l'ont remis à la police 
étaient ses complices, selon plusieurs médias allemands qui 
citent des sources proches de l'enquête. 
 
 (Michael Nienaber et Paul Carrel; Danielle Rouquié et 
Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Tangi 
Salaün) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant