La pol. monétaire n'a pas encore atteint ses limites-Maechler (BNS)

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    ZURICH, 7 mars (Reuters) - La Banque nationale suisse (BNS) 
et d'autres banques centrales ont encore de la marge pour 
assouplir leur politique monétaire, estime Andrea Maechler, 
membre du directoire de la Banque nationale suisse, dans un 
entretien publié lundi par le quotidien genevois Le Temps. 
    La Banque centrale européenne pourrait annoncer jeudi une 
nouvelle baisse de son taux des dépôts, déjà en territoire 
négatif, et peut-être aussi renforcer son programme de rachat 
d'obligations, ce qui accroîtrait la pression sur la BNS qui 
tente de contenir l'appréciation du franc suisse.  
    Interrogée sur les attentes qui pèsent sur les banques 
centrales, Andrea Maechler répond : "Les attentes sont grandes, 
c'est vrai. Nous n'avons pas atteint les limites de la politique 
monétaire, mais cela ne veut pas dire qu'elle est illimitée. Par 
contre, on l'a vu aux Etats-Unis avec l'assainissement rapide 
des banques et du secteur des crédits : lorsque la politique 
monétaire est bien soutenue par d'autres actions politiques, 
elle peut aller plus loin." 
    La BNS, souligne-t-elle, agit dans l'intérêt général du 
pays. "Mais c'est un fait : la politique monétaire ne peut pas 
tout. Elle ne peut pas remplacer les réformes structurelles, 
elle ne peut pas forcer les entreprises à s'adapter." 
    La BNS a aussi recours à des taux d'intérêt négatifs et se 
dit prête à intervenir sur les marchés pour contenir 
l'appréciation du franc, qui selon Andrea Maechler reste 
surévalué en dépit de son affaiblissement depuis l'été dernier. 
    "On avance dans la bonne direction, les taux négatifs jouent 
leur rôle en rendant la détention de francs moins attractive", 
explique-t-elle. "Il est difficile de quantifier leur effet, 
mais il est avéré. On le voit sur les marchés et les banques 
nous le confirment." 
    Les interventions restent un des piliers de la stratégie de 
la BNS même si le franc est moins une valeur refuge 
qu'auparavant, indique encore Andrea Maechler, qui a été en 
juillet dernier la première femme à rejoindre le directoire de 
la banque centrale helvétique. 
    Elle note que les risques à l'étranger se sont accentués, 
avec par exemple le référendum à venir sur la sortie ou non du 
Royaume-Uni de l'Union européenne, empêchant la BNS de "baisser 
la garde". 
    En Suisse, le principal risque pour la stabilité financière 
serait "une correction sur le marché immobilier couplée à une 
forte hausse des taux d'intérêt", précise-t-elle tout en jugeant 
ce scénario "improbable". 
 
 (Mike Shields, Véronique Tison pour le service français) 
 
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