La PM polonaise réfute les critiques européennes

le
0
    STRASBOURG, 19 janvier (Reuters) - La Première ministre 
polonaise, Beata Szylo, a réfuté mardi devant le Parlement 
européen les critiques suscitées par les premières mesures 
prises par son gouvernement et défendu la souveraineté chèrement 
conquise par son pays. 
    La Commission européenne a lancé mercredi une procédure de 
surveillance du respect de l'Etat de droit en Pologne, après une 
réforme de la gouvernance des médias publics et de la Cour 
constitutionnelles adoptées par le nouveau gouvernement 
conservateur du parti Droit et Justice (PiS). 
    "Nous avons attendu trop longtemps pour jouir des fruits de 
la justice, de la liberté et de la souveraineté et nous ne 
sommes pas prêts à y renoncer. Ces valeurs sont trop importantes 
pour tous les Polonais", a-t-elle dit devant les eurodéputés à 
Strasbourg. 
    Beata Szylo a estimé que les critiques dont fait l'objet son 
pays émanaient de "voix injustes" ou relevaient "de 
malentendus". 
    L'opposition et des associations de la société civile 
polonaises accusent la droite conservatrice et son dirigeant, 
Jaroslaw Kaczynski, de vouloir museler l'indépendance de la 
justice et la liberté d'expression. 
    En ligne de mire, une loi stipulant que les directeurs de la 
télévision et de la radio publiques sont nommés par le ministre 
du Trésor et une réforme qui a permis à la nouvelle majorité 
parlementaire de désigner d'un coup cinq des quinze membres de 
la Cour constitutionnelle, laquelle statuera désormais, dans la 
plupart des cas, à une majorité des deux tiers. 
    Beata Szylo a assuré que la réforme de la Cour visait à 
rendre ses décisions "plus démocratiques" et celle des médias 
publics à "rétablir leur neutralité". 
    "Nous faisons partie de l'Union européenne, nous allons 
continuer à faire partie de cette Union européenne mais nous 
voulons une Europe qui respecte tous les Européens", a-t-elle 
affirmé.  
    Le gouvernement polonais a transmis, fin décembre, les deux 
lois litigieuses à la Commission de Venise ou "Commission pour 
la démocratie par le droit", un organe du Conseil de l'Europe 
dont les avis font généralement autorité auprès des Etats et des 
institutions européennes. 
    La Commission européenne espère achever son processus 
d'évaluation de la situation polonaise à la mi-mars.  
 
 (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant