« La plus belle bande dessinée de tous les temps est l'œuvre d'une femme »

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Une polémique a agité le milieu de la bande dessinée après l’annonce d’une sélection de trente noms composée uniquement d’hommes pour le Grand Prix du festival d’Angoulême. Pour le dessinateur Emmanuel Guibert, les grands prix sont un concept « inepte ».

Qu’il y ait des compétitions entre livres, pourquoi pas ? Nous sommes tous juges des livres que nous lisons. Que ce jugement donne lieu à des conversations privées, à des tribunes critiques ou à des remises de prix, il en a toujours été et il en sera toujours ainsi. Tant mieux. Parler de livres en bonne compagnie est une des voluptés de l’existence. J’ai visité une prison il y a quelque temps et je n’oublierai pas la conversation très vivante que j’y ai eue sur l’Iliade avec un détenu qui connaissait l’organigramme des Grecs et des Troyens aussi bien que celui de son propre gang.

Je dois dire que je préfère de beaucoup le critique qui s’enflamme pour ou contre un livre que celui qui se mêle de classer les livres entre eux. Quelqu’un qui classe est certain de se gourer, mais peu importe. C’est un jeu de société.

Tu as le prix ! Tu n’as pas le prix ! En revanche, les grands prix, je trouve cela vraiment inepte. Les compétitions entre auteurs, choisis à leur insu mais censés se prononcer, voter, voter pour eux-mêmes, voter pour ou contre leurs confrères et consœurs – quand elles sont présentes dans la sélection –, censés répondre à telle ou telle polémique soulevée par des décisions qu’ils n’ont pas prises, c’est fatigant, c’est faux. Et comme disait un immense écrivain (qui est aussi un admirable dessinateur), disparu il y a quelques mois, Fred Deux : « Tout ce qui est faux, ça ne sert à rien. »

Tu es dans la sélection ? Tu n’es pas dans la sélection ? Que penses-tu de la sé...

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