La plateforme de prêts qui a séduit Google

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L'américain Lending Club, fondé par un Français, est partenaire du géant du web. Ensemble, ils veulent «transformer le système bancaire américain».

Le monde de la finance évolue. Alors que les banques suscitent défiance et critiques, le prêt entre particuliers connaît un véritable boom. Le concept est simple: faciliter le prêt d'argent entre particuliers via une rémunération des prêteurs et des intérêts plus bas pour les emprunteurs, tout en contournant le circuit financier traditionnel. Le pionnier de ce système, l'américain Lending Club, vient de franchir la barre symbolique des 100.000 crédits octroyés.

Et, nouveau gage de prospérité pour cette start-up créée par le français Renaud Laplanche, Google est récemment arrivé à son capital. Aux côtés de deux autres investisseurs, le géant du web a investi 125 millions de dollars, valorisant la plateforme de prêt basée sur le peer-to-peer lending 1,5 milliard de dollars. Le New York Times avance que le géant de l'internet détient une part inférieure à 7%. L'un des dirigeants de Google, David Lawee, siégera d'ailleurs au conseil d'administration - aux côtés d'autres personnalités: John Mack, ancien PDG de la banque américaine Morgan Stanley, et Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton et ex-conseiller économique de Barack Obama.

Ce partenariat devrait en outre permettre à Lending Club de «mener à bien plusieurs projets», souligne Renaud Laplanche, contacté par lefigaro.fr. «Nous partageons une vision commune, souligne encore le fondateur avant d'ajouter: Nous allons profiter de l'expérience de Google pour proposer de nouveaux systèmes et ainsi faire encore baisser le prix du crédit à la consommation». Renaud Laplanche rappelle par ailleurs que «Lending Club fait un peu ce que Google a fait avec la publicité: utiliser la technologies pour diminuer les coûts».

2 milliards de dollars de prêts

Le Français de 43 ans ne cache pas son ambition: «Transformer le système bancaire américain via un modèle alternatif basé sur internet et des coûts de transactions diminués». La start-up prend une commission moyenne de 6% sur les crédits à la carte de crédit, une spécificité du marché américain et spécialité de Lending Club, contre un taux de 9% en moyenne dans le pays. Sur chaque prêt, Lending Club prélève un léger pourcentage (1% pour les investisseurs, 1,1% pour les emprunteurs). Signe de la solidité du modèle: le taux de défaut est faible, de l'ordre de 3%.

Le groupe qui emploie aujourd'hui 200 salariés devrait ainsi atteindre les 2 milliards de dollars de prêts cette année, «une goutte d'eau sur un marché qui pèse 850 milliards de dollars», modère Renaud Laplanche qui ne cache toutefois pas son intention de continuer à croître. Ainsi, son chiffre d'affaires, qui double ou triple chaque année, devrait être compris cette année entre 90 et 100 millions de dollars, précise le dirigeant, contre 35 millions l'an dernier.

Pour atteindre ces objectifs, le groupe envisage de diversifier son activité pour proposer des prêts aux entreprises, aux étudiants, des prêts immobiliers ou hypothécaires. Lending Club pourrait en outre entrer en Bourse l'an prochain afin «d'asseoir encore un peu plus la notoriété du groupe». Et si Renaud Laplanche n'exclut pas de développer son modèle dans d'autres pays, un retour en France n'est pas à l'ordre du jour. Ses héritiers français peuvent souffler!

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