La planète finance suspendue aux prochains indicateurs chinois

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    PEKIN, 10 janvier (Reuters) - Après avoir fait chuter les 
marchés mondiaux pendant la première semaine de 2016, la Chine 
restera au centre de l'attention dans les prochains jours avec 
la publication d'indicateurs qui risquent de confirmer les 
craintes sur le ralentissement de la deuxième économie mondiale. 
    Une nouvelle forte dépréciation du yuan et la rechute des 
Bourses chinoises ont fait plonger les cours du pétrole à 33 
dollars, à leur plus bas niveau depuis 2004, tandis que les 
grandes Bourses mondiales connaissaient des baisses sans 
précédent pour un début d'année avec des reculs hebdomadaires de 
6,2% pour le Dow Jones à Wall Street, de 7% pour le Nikkei et de 
7,2% pour l'EuroStoxx 50 de la zone euro. 
    Ce début d'année agité rappelle la vive correction des 
marchés en août, provoquée là aussi par des inquiétudes sur la 
santé de l'économie chinoise après une dévaluation surprise du 
yuan. 
    Les statistiques attendues dans les prochaines semaines, à 
commencer par les données du commerce extérieur mercredi, 
devraient confirmer le ralentissement de la croissance. 
    Vingt-cinq économistes interrogés par Reuters prévoient en 
moyenne une baisse de 8% des exportations en décembre par 
rapport au même mois de 2014, après un recul de 6,8% en 
novembre. Les importations, elles, sont attendues en repli de 
11,5% après une baisse de 8,7% en novembre. 
    L'excédent commercial est ainsi attendu à 53 milliards de 
dollars (48,5 milliards d'euros) sur le mois contre 54,1 
milliards en novembre. 
    Le tableau sera beaucoup plus complet le 19 janvier avec la 
publication des chiffres de la croissance du quatrième trimestre 
et de l'ensemble de 2015, accompagnés de la production 
industrielle et les ventes au détail de décembre. 
     
    "RÉPONSE POLITIQUE FORTE" 
    "L'ampleur de la baisse des marchés est certes alarmante 
mais l'histoire n'est pas nouvelle", commentaient vendredi les 
analystes de Goldman Sachs. "Le thème est bien celui qu'on 
connaît depuis un moment déjà: faiblesse de la Chine, 
ralentissement industriel, effondrement des prix des matières 
premières." 
    Les indices boursiers chinois ont repris un peu de couleurs 
vendredi mais l'accélération de la baisse du yuan fait craindre 
que Pékin vise une dévaluation compétitive pour aider ses 
exportateurs en difficulté. 
    Certains investisseurs y voient le signe que la croissance 
chinoise ralentit encore plus brutalement que ce qui est 
généralement admis. 
    "Nous pensons qu'il faudra une réponse politique forte, 
suivie d'indicateurs d'activité témoignant d'une réelle 
amélioration, pour atténuer les craintes d'atterrissage brutal 
et rétablir la confiance des investisseurs dans les actifs à 
risque", écrit Prakash Sakpal, stratège d'ING Research, dans une 
note. 
    Dans un récent document de travail, la banque centrale 
chinoise évoquait un taux de croissance de 6,9% en 2015, ce qui 
serait son rythme le plus bas depuis 25 ans. En 2014, la 
croissance avait été de 7,3%. 
 
 (Sue-Lin Wong avec la contribution de Padraic Halpin, Véronique 
Tison pour le service français) 
 
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