La plainte des Molex aux prud'hommes mise en délibéré

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LA PLAINTE DES MOLEX AUX PRUD'HOMMES MISE EN DÉLIBÉRÉ
LA PLAINTE DES MOLEX AUX PRUD'HOMMES MISE EN DÉLIBÉRÉ

TOULOUSE (Reuters) - Près de 200 ex-salariés de l'équipementier automobile Molex, qui contestent devant les prud'hommes de Toulouse leur licenciement en 2009, ont vu jeudi l'affaire mise en délibéré sur une question de procédure, à savoir la compétence de cette juridiction à juger le groupe américain.

Les 190 requérants estiment que Molex Inc. était de facto leur employeur et plaident la "nullité" de leurs licenciements pour raisons économiques. De son côté, le groupe a déclaré à l'audience que seule sa filiale française Molex Automotive Sarl (MAS), mise depuis en liquidation, avait signé des contrats de travail avec les salariés concernés.

Le combat des salariés du sous-traitant automobile avait été très médiatisé à l'automne 2009, "les Molex" protestant contre la fermeture de leur site de Villemur-sur-Tarn, dans la grande banlieue toulousaine, qui était selon eux "rentable".

"Compte tenu de la complexité du dossier, l'affaire est mise en délibéré", a déclaré jeudi le président de la juridiction paritaire, ajoutant que la question de la compétence du conseil des prud'hommes à juger le groupe américain serait tranchée le 28 juin.

Me Jean-Marc Denjean, avocat des 190 anciens salariés ayant engagé la procédure, s'est dit "frustré de ne pas pouvoir plaider sur le fond".

"Il faut attendre de savoir si les juges sont compétents ou non pour juger Molex Inc.", a-t-il expliqué après l'audience, exceptionnellement organisée dans la grande chambre de la Cour d'appel de Toulouse.

Le dossier Molex avait pris une tournure politique, le gouvernement négociant avec Molex la venue d'un repreneur pour ce site. Christian Estrosi, ministre de l'Industrie, avait alors fustigé l'attitude des "patrons voyous".

A la suite de la fermeture en octobre 2009 de MAS, filiale toulousaine du sous-traitant américain, Molex a cédé l'usine de Villemur-sur-Tarn à un fonds d'investissement tout en s'engageant sur un Plan social d'entreprise (PSE) en faveur des 280 salariés du site.

Mais le groupe a annoncé en octobre 2010 ne plus vouloir financer ce plan après que des ex-employés ont décidé de saisir les prud'hommes.

"On ne va surtout pas lâcher prise", a déclaré après l'audience Jacques Aso, qui a été salarié de Molex pendant 22 ans et figure parmi les 190 requérants. "Nous voulons qu'on nous rende notre fierté et notre honneur, ce n'étaient pas des licenciements économiques mais stratégiques."

Selon Me Denjean, le total des sommes demandées par les ex-employés à Molex représente jusqu'à 20 millions d'euros environ.

Jean Décotte, édité par Patrick Vignal

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