La piste familiale privilégiée dans la tuerie de Chevaline

le
2
LA PISTE FAMILIALE PRIVILÉGIÉE DANS LA TUERIE DE CHEVALINE
LA PISTE FAMILIALE PRIVILÉGIÉE DANS LA TUERIE DE CHEVALINE

par Catherine Lagrange

ANNECY, Haute-Savoie (Reuters) - Un an après le quadruple meurtre de Chevaline, en Haute-Savoie, les enquêteurs français et britanniques ont jugé vendredi que la piste d'un conflit familial était la plus sérieuse, sans faire état d'avancée majeure dans des investigations complexes.

Les représentants des services judiciaires et policiers des deux pays se sont retrouvés à Annecy pour faire le point d'une enquête qui n'a pour l'heure abouti à aucune interpellation.

"L'enquête ne piétine pas, mais c'est une enquête internationale menée par la France et la Grande-Bretagne, elle est longue et complexe, avec 80 commissions rogatoires dans 23 pays différents", a déclaré le procureur de la République d'Annecy, Eric Maillaud, lors d'une conférence de presse.

Quatre personnes de la famille al Hilli, originaire d'Irak, ont été tuées par balles sur un chemin forestier le 5 septembre 2012 - le père, Saad, son épouse, sa belle-mère, ainsi qu'un cycliste de passage. Les deux fillettes du couple, dont l'une avait été grièvement blessée, ont échappé par miracle à la mort.

La piste la plus sérieuse est celle de Zaïd al Hilli, 53 ans, frère aîné de Saad avec lequel il était en conflit ouvert au sujet de l'héritage de leur père.

"C'est la piste la plus importante", a expliqué le colonel de gendarmerie Benoît Vinnemann, qui dirige la section de recherche de Chambéry. "Mais l'enquête ne se focalise pas exclusivement sur Zaïd."

"Zaïd est considéré comme suspect, mais il n'est pas présumé coupable ni suspect numéro 1", a précisé le procureur. "Il peut être impliqué dans l'affaire criminelle, on s'intéresse à lui car il y avait un conflit entre les deux frères, des menaces proférées, et Saad avait peur de lui."

Dans cette hypothèse, le mobile du crime serait l'héritage du patriarche décédé en Espagne en 2011. Il était composé d'une maison près de Londres, de deux appartements en banlieue de Londres, d'un appartement en Espagne, d'un compte en Suisse ainsi que de biens, d'une maison et d'un terrain à Bagdad, le tout évalué entre 3 et 5 millions d'euros.

"C'est un mobile sérieux", a jugé le procureur français.

ZAÏD AL HILLI CLAME SON INNOCENCE

Les enquêteurs français décrivent Saad al Hilli comme "obsessionnel" face à ce problème d'héritage.

"On a retrouvé dans sa caravane des ordinateurs, des disques durs, des documents de l'héritage, il avait l'habitude d'enregistrer toutes ses conversations téléphoniques et avait l'intention de se rendre prochainement en Suisse au sujet du compte détenu par son père", a précisé Eric Maillaud.

Zaïd al Hilli a été entendu comme simple témoin à Londres et a refusé de se présenter à une convocation française.

"En France, il aurait été placé nécessairement en garde à vue", a indiqué le procureur. "Aurait-il été mis en examen ? Relâché ? Ce sont des stratégies judiciaires, mais je n'aurais pas requis de détention provisoire contre lui."

Zaïd al Hilli est placé sous surveillance policière, qui s'apparente au contrôle judiciaire français, jusqu'au 23 septembre. Mais cette date peut être repoussée et il pourra être réentendu, a dit Nick May, directeur d'enquête du Surrey-Susex.

Le frère a, pendant son audition, "clamé son innocence" et dit "qu'il n'y avait pas de conflit majeur avec son frère, qu'il faisait preuve d'une parfaite loyauté envers son frère", a-t-il ajouté en refusant d'en dire plus.

L'enquête tente également de s'orienter vers l'Irak, pays d'origine de la famille al Hilli, où le patriarche avait conservé des biens après son départ vers l'Europe, mais la situation politique dans ce pays complique les investigations.

Eric Maillaud a également évoqué les pistes d'un tireur isolé, de l'activité de Saad al Hilli dans les satellites et d'un possible espionnage industriel, sans plus s'y attarder.

La convention liant la France et la Grande-Bretagne dans cette enquête devait prendre fin le 21 septembre mais sera prolongée d'un an pour pouvoir exploiter les retours des commissions rogatoires internationales", a expliqué le procureur. "L'échec fait aussi parfois partie des enquêtes."

Une quarantaine d'officiers de police judiciaire sont encore mobilisés sur ce cas, contre une centaine il y a un an.

Edité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • PAINPONT le vendredi 6 sept 2013 à 13:44

    Pour moi l'anglais est arrivé au mauvais moment . il s'est embourbé laissant au tireur le temps de recharger et supprimer les témoins .

  • PAINPONT le vendredi 6 sept 2013 à 13:42

    La piste familiale me parait impossible ,cela aurait supposé un rendez-vous organisé ,ce qui n'a pas été prouvé ,d'autre part l'arme employée est inadéquate pour tuer autant de personnes .Seul l'entourage du cycliste savait qu'il se rendrait sur ce parcours . C'est de ce coté qu'il faut creuser : mari jaloux ,amant exclusif ? Cela expliquerait l'arme ressortie du grenier . Cela expliquerait également l'acharnement sur le cycliste 7 ou 8 balles. Pour moi l'anglais est arrivé au mauvais moment