La perspective d'un vote de confiance se précise en Grèce

le , mis à jour à 13:29
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(Actualisé avec ministre de la Santé) par George Georgiopoulos et David Stamp ATHENES, 17 août (Reuters) - La perspective d'un vote de confiance s'est précisée lundi en Grèce, où deux membres du gouvernement d'Alexis Tsipras ont jugé cette initiative nécessaire après la fronde d'une partie des députés de Syriza hostiles au nouveau plan de renflouement négocié avec les Européens. "Je considère qu'une telle initiative va de soi après la profonde fracture du groupe parlementaire de Syriza (...) C'est aussi une question de responsabilité démocratique", a déclaré le ministre de l'Energie, Panos Skourletis, sur l'antenne de la chaîne Skai. "Si des élections ont lieu prochainement - dans trois à quatre semaines si cette option est choisie -, un congrès du parti ne peut évidemment pas être fructueux", a poursuivi Panos Skourletis. Le Premier ministre a dû s'appuyer sur l'opposition pour faire approuver vendredi par la Vouli ce troisième plan d'aide international d'un montant global de 86 milliards d'euros assorti de nouvelles mesures d'austérité. A l'inverse, 43 députés Syriza ont choisi de voter contre ou de s'abstenir, soit quasiment le tiers du groupe parlementaire du parti de la gauche radicale (149 élus). Cette fronde a conduit Tsipras à envisager de solliciter la confiance du Parlement, ce qui ouvrirait la voie à des élections anticipées en cas d'échec. Il a en outre annoncé la tenue d'un congrès de Syriza à l'automne. En l'état des rapports de forces au Parlement, si les 43 frondeurs campent sur leur refus et si les partis de l'opposition, ainsi qu'ils l'ont annoncé, ne votent pas la confiance, Tsipras ne réunira pas les 120 voix nécessaires à la survie de son gouvernement et la Grèce ira vers de nouvelles législatives. "Des élections ne sont pas le meilleur choix, mais pour que l'économie se redresse, il faut de la stabilité politique", a déclaré le ministre de la Santé, Panagiotis Kouroublis. "Mettre en oeuvre un programme si grave avec des mesures douloureuses ne peut se faire sans un mandat populaire", a-t-il ajouté. Aucun sondage n'a été publié depuis la fin juin mais Tsipras, malgré la fermeture des banques pendant trois semaines et le maintien du contrôle des capitaux, continue de bénéficier d'une forte popularité au sein de l'opinion grecque. Au point que ses alliés jugent possible que Syriza obtienne la majorité absolue en cas de nouvelles élections. LE PASOK PREND SES DISTANCES A "gauche de la gauche", il ne semble guère probable que les frondeurs de Syriza rentrent dans le rang à l'occasion d'un vote de confiance. Panagiotis Lafazanis, ex-ministre de l'Energie limogé après une précédente fronde et qui dirige désormais l'aile de Syriza hostile aux mesures d'austérité imposées par les créanciers internationaux, a même franchi un nouveau pas vers la rupture en appelant la semaine dernière à la création d'un nouveau mouvement anti-austérité. "Le plan de sauvetage ne peut pas être une base de rassemblement pour Syriza. Le plan de sauvetage ne peut pas être le programme de Syriza. Il ne fait pas partie de ses valeurs. Ce sont des notions incompatibles", a souligné Stathis Leoutsakos, autre député frondeur. Le Parti socialiste grec (Pasok), dont l'appoint a permis l'adoption de ce troisième plan vendredi, a quant à lui annoncé dimanche qu'il n'accorderait pas sa confiance à Tsipras et à son ministre de la Défense Panos Kammenos, chef de file des Grecs indépendants (Anel), parti souverainiste de droite membre de la coalition gouvernementale. "Le gouvernement a signé le troisième plan d'aide, le plus coûteux. Toutes les conséquences néfastes pour le pays et ses citoyens portent les signatures de MM. Tsipras et Kammenos", dit-il dans un communiqué. "Nous ne faisons aucune confiance au gouvernement Tsipras-Kammenos et bien sûr, nous ne la lui accorderons pas si on nous la demande." Nouvelle Démocratie (ND, droite), première formation de l'opposition, a elle aussi exclu d'accorder sa confiance à Alexis Tsipras. "Nouvelle Démocratie accordant la confiance au gouvernement ? Aucune chance", déclarait Makis Voridis, l'un des députés de la formation de droite, dès l'issue du vote de vendredi. Sur les 300 sièges que compte la Vouli, le Parlement grec, Syriza en détient 149 et ses alliés de l'Anel 13. Nouvelle démocratie dispose de 76 élus, les centristes de To Potami (La Rivière) en ont 17, comme la formation néo-nazie Aube dorée. Suivent le Parti communiste (KKE) avec 15 élus et le Pasok avec 13. (Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre André pour le service français)

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