La particule boson de Higgs sans doute découverte par le Cern

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La particule boson de Higgs sans doute découverte par le Cern
La particule boson de Higgs sans doute découverte par le Cern

par Chris Wickham et Rosalba O'Brien

GENEVE/LONDRES (Reuters) - Les scientifiques du Cern ont mis en évidence une particule subatomique qui pourrait être le fameux boson de Higgs, considérée comme cruciale dans la formation de l'univers.

"Nous avons effectivement découvert une particule qui est compatible avec la théorie du boson de Higgs", a déclaré John Womersley, directeur général du Science & Technology Facilities Council, un organisme britannique de recherche publique, devant des journalistes et des scientifiques réunis à Londres.

"Ces résultats marquent une avancée importante dans notre compréhension des lois fondamentales qui gouvernent l'univers".

Joe Incandela, porte-parole d'une des deux équipes qui cherchent à prouver l'existence de la célèbre particule élémentaire, a de son côté déclaré devant un parterre de scientifiques réunis au Conseil européen pour la recherche nucléaire (Cern) aux portes de Genève : "C'est un résultat provisoire, mais nous pensons qu'il est très solide."

Le directeur général du Cern, Rolph Heuer, a abondé dans le même sens : "En tant que profane, je dirais que je pense que nous l'avons."

Peter Higgs, 83 ans, le physicien qui a stipulé l'existence du fameux boson dans les années 60, était au Cern au moment de l'annonce de la nouvelle. Apparemment bouleversé et au bord des larmes, il a déclaré à l'assemblée : "C'est incroyable que cela se soit produit de mon vivant."

Il a souligné qu'il s'agissait là d'une grand succès pour le Grand collisionneur de hadrons (LHC), l'accélérateur de particules de 27 kilomètres de long construit dans un tunnel sous la frontière franco-suisse et qui a servi aux recherches.

NOUVEAU VOYAGE

Le boson de Higgs est un élément central du "Modèle standard", la théorie qui éclaire la structure fondamentale de la matière et la formation de l'univers. Cette théorie est aux physiciens ce que la théorie de l'évolution est aux biologistes.

Sans le boson de Higgs, les particules qui constituent l'univers seraient restées éparses, comme dans une soupe, et n'auraient pas pu s'agréger pour donner naissance aux étoiles, aux planètes et même à la vie.

Ce que les scientifiques ne savent pas encore après les derniers résultats est si la particule qu'ils ont découverte est le boson de Higgs tel que décrit par le Modèle standard, ou bien une variante, ou encore une particule subatomique complètement nouvelle qui pourrait obliger à repenser totalement la structure fondamentale de la matière.

Malgré l'excitation de cette découverte, les physiciens soulignent qu'il reste beaucoup à apprendre et à comprendre.

"Il y a encore beaucoup de choses que nous ne savons pas à propos des particules. Ce n'est que le début d'un nouveau voyage. Nous avons refermé un chapitre et en avons ouvert un autre", a déclaré à Reuters Peter Knight, de l'Institut britannique de la physique.

Prudence également d'Oliver Buchmueller, éminent physicien d'une des équipes de recherche. "Si j'étais un homme de pari, je parierais que c'est le Higgs. Mais nous ne pouvons pas encore le dire de façon certaine (...) Il faut maintenant le faire parler et regarder au fond avant de pouvoir dire que c'est vraiment le Higgs."

La théorie du Modèle standard, qui décrit les interactions entre particules, au niveau quantique, repose en partie sur l'idée que deux des quatre forces fondamentales, la force faible et la force électromagnétique, sont de même nature.

Cette force, dite électrofaible, rassemblerait l'électricité, le magnétisme ou la lumière, mais cette unification n'est concevable que si les particules porteuses de force n'ont pas de masse, ce qui n'est a priori pas le cas.

Dans les années 1960, les Belges Robert Brout et François Englert, d'un côté et le Britannique Peter Higgs, de l'autre, ont trouvé une solution en postulant l'existence du "boson", dont le champ aurait permis aux autres particules d'acquérir une masse, juste après le Big Bang, il y a 13,7 milliards d'années.

Julien Dury et Danielle Rouquié pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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  • msglyon le mercredi 4 juil 2012 à 12:56

    Sauf que le boson de Higgs ne change rien aux modeles physiques modernes. Il n'a rien de révolutionnaire et ne represente donc pas une révolution. Au contraire du neutrino qui, lui promet de remettre en cause les fondamentaux et expliquer, notamment la matiere noire... Bref, y'a encore du boulot !