La PAC au coeur de la visite de Hollande dans le Massif central

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LA PAC AU COEUR DE LA VISITE DE HOLLANDE DANS LE MASSIF CENTRAL
LA PAC AU COEUR DE LA VISITE DE HOLLANDE DANS LE MASSIF CENTRAL

PARIS (Reuters) - François Hollande se rend ce mercredi au sommet de l'élevage de Cournon d'Auvergne, dans le Massif central, où il devrait évoquer la question du rééquilibrage en faveur de l'élevage des aides liées à la Politique agricole commune.

Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, accompagnera le président français dans ce salon qui rassemble chaque année quelque 1.250 exposants, 2.000 animaux et 80.000 visiteurs venus notamment assister à des concours de bovins.

Ce sera l'occasion du premier discours agricole de François Hollande depuis l'accord européen de juin sur la Pac pour la période 2014-2020. Une enveloppe de 50 milliards d'euros de subventions annuelles dont la France, premier pays producteur agricole en Europe, obtiendra quelque 7 milliards d'euros.

Depuis son entrée en fonctions, Stéphane Le Foll a choisi de donner priorité aux éleveurs, traditionnellement moins bien lotis que les céréaliers dans l'Europe verte, ainsi qu'aux petites exploitations jusqu'à 52 hectares, la moyenne française.

"Je l'ai dit de manière très claire depuis le départ : priorité à l'élevage. Il s'agit de rééquilibrer les aides vers l'élevage sans déséquilibrer bien sûr l'ensemble des productions agricoles et en particulier céréalières", déclarait le ministre la semaine dernière sur France Info.

Stéphane Le Foll disait aussi prendre en compte les inquiétudes des céréaliers, qui craignent d'être lésés en cas de grande fluctuation du prix des matières premières, qui leur ont été favorables ces dernières années.

"J'ai entendu le message des céréaliers -je ne peux pas considérer que pour les céréales tout ira toujours bien", a-t-il dit. "On va doser".

LOI D'AVENIR

La nouvelle Pac prône une convergence des aides découplées, dont le versement n'est pas liée à la production, entre les agriculteurs les plus aisées et ceux moins favorisés.

La Confédération paysanne, syndicat minoritaire classé à gauche, plaide pour une convergence des aides "totale et rapide, 100% en 2019" alors que la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), majoritaire, opte plutôt pour le minimum proposé par Stéphane Le Foll, soit une convergence partielle des aides de 60%.

La question des aides dites couplées est aussi sur la table.

La Confédération paysanne demande que ces aides, plus justes à ses yeux que les paiements à l'hectare, aillent aux secteurs en difficulté comme l'élevage et la production de fruits et légumes alors que la FNSEA s'oppose à une majoration des 52 premiers hectares, qu'elle juge inutile.

"Avec les marges de manoeuvre laissées par l'Union européenne, le président de la République et le ministre de l'Agriculture portent la responsabilité de l'avenir du secteur", écrit la Confédération dans un communiqué. "L'heure doit être à l'ambition politique".

Xavier Beulin, président de la FNSEA a dit espérer que les arbitrages présidentiels seraient différents du projet de Stéphane Le Foll, qui prépare pour l'an prochain une "loi d'avenir" pour l'agriculture française.

"Le président de la République a besoin de revisiter, y compris le scénario du ministre lui-même", a-t-il déclaré mardi après un entretien avec François Hollande.

"On appréciera ce que dit le président demain", a-t-il ajouté dans la cour de l'Elysée. "On ne pourra pas se satisfaire d'annonces futures. La loi d'avenir, très bien, mais la Pac c'est le 1er janvier 2014".

La transition écologique, le cas des jeunes agriculteurs, les questions liées aux reprises d'exploitations ou encore les retraites agricoles sont d'autres sujets amenés à être débattus.

François Hollande s'est engagé à revaloriser la retraite des agriculteurs jusqu'à au moins 75% du smic d'ici à la fin de son quinquennat. Les quelque 1,5 million de retraités agricoles français perçoivent en moyenne 784 euros par mois de retraite pour les hommes et 552 euros pour les femmes.

Un peu plus d'un million de personnes participent à l'activité des 514.800 exploitations agricoles de la France, troisième exportateur européen agroalimentaire en valeur derrière l'Allemagne et les Pays-Bas.

Elizabeth Pineau, avec Sybille de la Hamaide, édité par Yves Clarisse

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