La nouvelle UMP voulue par Nicolas Sarkozy s'ébauche

le
0
LA NOUVELLE UMP VOULUE PAR NICOLAS SARKOZY S'ÉBAUCHE
LA NOUVELLE UMP VOULUE PAR NICOLAS SARKOZY S'ÉBAUCHE

PARIS (Reuters) - L'UMP nouvelle, appelée à devenir "Les Républicains", a montré ses contours mardi dans le cadre de la réforme des statuts du parti d'opposition qui prévoit notamment l'élection des présidents de fédérations au suffrage direct des militants.

"Démocratie, décentralisation et modernité" : Nicolas Sarkozy avait fixé les lignes directrices à Nathalie Kosciusko-Morizet, responsable de la commission de révision des statuts, qui a présenté mardi ses propositions au bureau politique avant leur validation le 5 mai.

Le président de l'UMP, qui n'a toujours pas officialisé sa candidature à la primaire de 2016, entend faire du parti une force de frappe militante au service de son dessein présidentiel. De 212.000 environ aujourd'hui, il veut passer à 500.000 adhérents à l'horizon 2017.

"La volonté de participer n'a jamais été aussi forte, nous devons y répondre", déclarait-il dans Le Journal du Dimanche.

Pour attirer de nouveaux militants, l'une des pistes est de miser sur l'engagement numérique des jeunes qui ne souhaitent pas forcément s'engager de manière traditionnelle. Ainsi, différents statuts d'adhérents pourraient-ils voir le jour, avec des cotisations variables.

Nicolas Sarkozy dit aussi entendre "l'exigence absolue" des adhérents de pouvoir peser sur les orientations politiques du parti et de donner leur avis sur le choix des représentants.

DISPARITION DES COURANTS

La commission recommande dans ce sens l'élection des présidents de fédérations départementales par les militants, alors qu'ils sont actuellement désignés par le comité départemental de l'UMP. Les présidences sont renouvelées en septembre prochain.

Les militants pourraient aussi être consultés régulièrement via internet sur divers sujets.

Dans ce souci de démocratisation, le bureau politique s'ouvrirait aux élus de terrain : maires, conseillers départementaux, régionaux.

Au nom de l'unité et du rassemblement martelés par Nicolas Sarkozy, qui a déjeuné mardi avec ses rivaux Alain Juppé et François Fillon, Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin, les "courants" vont disparaître de la formation d'opposition.

Exit "La Droite forte" de Guillaume Peltier et Geoffroy Didier ou "La Droite sociale" de Laurent Wauquiez, l'ancien chef de l'Etat souhaite un élan collectif que le futur nom du parti, devrait consacrer : "Les Républicains".

Le nom n'est pas infirmé par l'entourage de Nicolas Sarkozy mais son adoption, si elle a lieu tant les réticences sont fortes, pourrait être scellée lors du congrès du 30 mai.

"Il est grand temps de revendiquer haut et fort les valeurs de la République", déclare Nicolas Sarkozy au JDD.

Le chef de l'opposition veut aussi faire oublier un acronyme, "UMP", attaché à des dossiers judiciaires tels que l'affaire Bygmalion.

"Nicolas Sarkozy est à ce point fasciné par M. Bush qu'il en a repris le sigle. (...) C'est la droite américaine. Ils ont même le Tea Party avec La Droite forte", a raillé récemment le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis.

(Sophie Louet, édité par Gérard Bon)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant