La nouvelle fuite à Fukushima considérée comme un incident grave

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LA NOUVELLE FUITE À FUKUSHIMA DÉSORMAIS CONSIDÉRÉE COMME UN INCIDENT GRAVE
LA NOUVELLE FUITE À FUKUSHIMA DÉSORMAIS CONSIDÉRÉE COMME UN INCIDENT GRAVE

par James Topham et Kiyoshi Takenaka

TOKYO (Reuters) - L'autorité de sûreté nucléaire japonaise a annoncé mercredi son intention de relever de 1 à 3 sur l'échelle internationale de classement des événements nucléaires, qui en compte 7, la gravité de la dernière fuite d'eau radioactive signalée à la centrale accidentée de Fukushima-Daiichi.

La fuite de quelque 300 tonnes d'eau hautement contaminée de l'un des réservoirs de stockage de la centrale est désormais considérée comme un "incident grave" sur l'échelle Ines. L'accident de Fukushima, survenu le 11 mars 2011 après un séisme et un tsunami, avait été classé au niveau maximal de 7.

Le régulateur japonais a ajouté peu après qu'il était préoccupé par l'éventualité de nouvelles fuites dans d'autres réservoirs et a estimé que la gestion de la crise dépassait en partie Tepco, l'opérateur de la centrale.

Le président de l'autorité de régulation nippone, Shunichi Tanaka, a comparé la centrale de Fukushima-Daiichi à une "maison de l'épouvante" d'un parc d'attraction.

"Je ne sais pas si cette description est juste, mais c'est comme une maison hantée et, comme je l'ai dit, les incidents s'y succèdent", a-t-il dit aux journalistes.

Le secrétaire général du gouvernement japonais, Yoshihide Suga, a quant à lui jugé la situation "déplorable".

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a dit suivre de près la situation et s'est déclarée prête à apporter une aide en cas de besoin.

C'est la première fois depuis cette catastrophe, la plus grave de l'histoire du nucléaire civil après celle de Tchernobyl en 1986, que l'autorité de sûreté nucléaire nippone diffuse une alerte Ines.

Sur le plan international, le ministère chinois des Affaires étrangères s'est dit mercredi "choqué" par cette nouvelle fuite, et a demandé que le Japon "prenne sérieusement des mesures efficaces pour mettre fin aux effets négatifs des suites de l'accident nucléaire de Fukushima".

La compagnie aérienne sud-coréenne Asiana Airlines a annoncé pour sa part qu'elle annulait ses vols charter prévus entre Séoul et Fukushima en octobre en raison des inquiétudes suscitées par la fuites d'eau radioactive.

La ville de Fukushima, située à 60 km de la centrale et comptant 284.000 habitants, est une destination prisée des joueurs de golf et des touristes qui vont visiter les "onsen" (sources d'eau chaude) et les lacs des environs.

DOUTES SUR TEPCO

Tepco a annoncé mardi que l'eau, qui continue de s'échapper du réservoir, est contaminée à un point tel qu'une personne se tenant à 50 centimètres recevrait en une heure une radiation cinq fois supérieure au niveau annuel maximum toléré au Japon pour les employés du secteur nucléaire.

Une telle radioactivité rendrait une personne malade après seulement 10 heures, avec des nausées et une chute du nombre des globules blancs.

La fuite avait dans un premier temps été classée en niveau 1 ("anomalie"), mais l'autorité de régulation nucléaire japonaise considère désormais qu'elle relève du niveau 3.

Selon une note technique de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), chaque augmentation d'un cran sur l'échelle Ines représente une multiplication par dix de la gravité de l'incident.

Le séisme et le tsunami du 11 mars 2011 ont bloqué les systèmes de refroidissement de la centrale de Fukushima-Daiichi, à 240 km au nord-est de Tokyo, ce qui a entraîné la fusion du combustible dans trois des six réacteurs du site et une vaste contamination radioactive aux alentours.

La centrale accidentée a été victime de plusieurs pannes d'électricité et d'autres problèmes au cours des derniers mois, ce qui a conduit de nombreux observateurs extérieurs à douter de la capacité de Tepco à mener les opérations de nettoyage, et à soupçonner l'opérateur de dissimuler l'ampleur des problèmes.

Après l'avoir nié pendant des mois, l'opérateur a admis en août que de l'eau contaminée s'échappant des réservoirs souterrains s'écoulait dans l'océan Pacifique. ()

Tepco utilise un système de fortune afin de maintenir les barres de combustible à une température suffisamment froide et stable. L'eau utilisée s'écoule ensuite dans des bassins souterrains, qui fuient depuis la catastrophe.

L'excès d'eau hautement contaminée est pompé et entreposé en hauteur dans des réservoirs en acier à l'écart des réacteurs, qui sont situés au bord du Pacifique. Tepco a commencé à installer des réservoirs plus solides, mais la fuite annoncée mardi provient de l'un des précédents modèles, plus fragiles.

Tangi Salaün, Julien Dury et Eric Faye pour le service français

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  • M101064 le jeudi 22 aout 2013 à 13:57

    cette eau de fuite contient surement du plutonium suite à la fusion des réacteurs alimentés au mox et se répand dans l'océan tout proche....quelle cata....ils sont loin d'être sortis du probléme car la durée du plutonium est > 20000 ans....les suites seront terribles et ce n'est que le début!