La Norvège condamnée pour avoir enfreint les droits de Breivik

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    OSLO, 20 avril (Reuters) - Anders Behring Breivik, l'auteur 
de l'attentat d'Oslo et de la tuerie sur l'île d'Utoya en 
juillet 2011 qui poursuivait en justice l'Etat norvégien pour 
traitement inhumain, a partiellement obtenu gain de cause 
mercredi, le tribunal jugeant que ses droits individuels avaient 
été enfreints. 
    Dans un jugement qui a surpris nombre de Norvégiens, la cour 
a souligné que le militant néo-nazi avait été soumis à des 
fouilles intégrales et réveillé régulièrement par ses gardiens, 
et que les autorités n'avaient pas agi suffisamment pour 
atténuer l'effet de sa détention à l'isolement. 
    Breivik a été condamné en août 2012 à une peine de 21 ans 
d'emprisonnement, le maximum prévu par la loi, avec une 
possibilité de reconduction, pour avoir commis le 22 juillet 
2011 un attentat à la voiture piégée, qui a coûté la vie à huit 
personnes à Oslo, avant de tuer 69 participants à un camp de 
jeunesse du Parti travailliste sur l'île d'Utoya, proche de la 
capitale. 
    Il est détenu à la prison de Skien, dans le sud du pays, où 
s'est déroulé le procès qu'il intentait à l'Etat pour 
"traitement inhumain et dégradant" en violation de la Convention 
européenne des droits de l'homme. 
    "L'interdiction des traitements inhumains et dégradants 
représente une valeur fondatrice d'une société démocratique. 
Elle s'applique en toutes circonstances, même dans le traitement 
de terroristes et d'assassins", écrit la juge Helen Andenaes 
Sekulic dans son jugement. 
    Soulignant que Breivik passe entre 22 et 23 heures par jour 
seul dans sa cellule, elle estime qu'il est placé dans un "monde 
totalement clos". 
    La magistrate a cependant jugé que l'Etat norvégien n'avait 
pas enfreint le droit du détenu à une vie privée et familiale, 
un autre volet de la plainte déposée par Breivik. Elle a 
notamment estimé que la censure des courriers qu'il rédige en 
prison était "conforme à la loi". 
    Les avocats représentant l'Etat ont annoncé qu'ils se 
réservaient la possibilité de faire appel. Le défenseur de 
Breivik a réclamé pour sa part que l'administration 
pénitentiaire mette fin à l'isolement de son client. "Il doit 
d'abord et avant tout être autorisé à être en contact avec 
d'autres personnes", a dit Me Oeystein Storrvik. 
    Au cours du procès, qui s'est tenu du 15 au 18 mars dernier, 
l'avocat avait plaidé la fragilité mentale de Breivik, qui a 
effectué un salut nazi dès la première audience, réaffirmé sa 
fidélité à l'idéologie nazie et s'est plaint de la qualité du 
café et des repas réchauffés au four à micro-ondes. 
    L'Etat a par ailleurs été condamné à lui verser quelque 
331.000 couronnes norvégiennes (36.000 euros environ) de frais 
de justice. 
 
 (Gwladys Fouche et Alister Doyle; Henri-Pierre André pour le 
service français) 
 
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