La nomination de Bannon, chantre de l'"alt-right", critiquée

le , mis à jour à 22:11
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 (Actualisé avec réaction de Pelosi, Conway, Priebus) 
    par Susan Cornwell et Alana Wise 
    WASHINGTON, 14 novembre (Reuters) - La nomination de Stephen 
Bannon comme "stratège en chef", gage donné par Donald Trump à 
l'extrême droite qui l'a aidé dans sa quête de la Maison 
blanche, a été vivement critiquée par le camp démocrate, par des 
défenseurs des droits civiques et même plusieurs voix 
républicaines lundi à Washington. 
    Dans un communiqué, le président élu a annoncé dimanche que 
Bannon et Reince Priebus, président du Comité national du Parti 
républicain (NRC) nommé lui au poste de secrétaire général de la 
Maison blanche, seraient "associés sur un pied d'égalité pour 
transformer le gouvernement fédéral".  
    Les démocrates voient en Bannon un promoteur du racisme et 
de la misogynie soutenu par le Ku Klux Klan. 
    "Il est facile de comprendre pourquoi le KKK considère Trump 
comme son champion quand Trump nomme l'un des plus fervents 
colporteurs des théories et de la rhétorique suprémacistes 
blanches comme principal conseiller", a déclaré Adam Jentleson, 
porte-parole du chef de la minorité démocrate au Sénat Harry 
Reid, dans un communiqué.  
    Le représentant démocrate Adam Schiff a jugé que l'accession 
de Stephen Bannon au poste de conseiller n'était pas surprenante 
mais qu'elle constituait un signal alarmant. "Ses points de vue 
droitiers, antisémites et misogynes n'appartiennent pas à la 
Maison blanche", a-t-il estimé dans un tweet. 
    Quant à la chef de file des démocrates à la Chambre, Nancy 
Pelosi, elle a déploré "un signal alarmant" montrant que Donald 
Trump "se conforme à la vision haineuse et conflictuelle qui a 
défini sa campagne." 
    "C'est un jour triste lorsqu'un homme qui a dirigé le 
premier site web de l''alt-right', un regroupement de 
nationalistes blancs et d'antisémites et racistes décomplexés 
est choisi pour occuper un poste de haute responsabilité dans la 
'maison du peuple'," a déclaré Jonathan Greenblatt, directeur de 
l'Anti-Defamation League.  
     
    "QUE L'AMÉRIQUE SOIT VIGILANTE" 
    Côté républicain, John Weaver, conseiller du gouverneur de 
l'Ohio John Kasich, a écrit sur Twitter que "l'extrême droite 
raciste, fasciste, est représentée au seuil du Bureau ovale". 
"Que l'Amérique soit très vigilante", a-t-il ajouté. 
    Dans une interview matinale lundi, Reince Priebus a pris la 
défense de Stephen Bannon, assurant qu'il ne voyait pas en lui 
un extrémiste. "Il était une force de bien pendant la campagne", 
a-t-il dit sur Fox News, ajoutant qu'il avait été en accord avec 
lui sur "presque tout". "Il aime prendre les avis de beaucoup de 
personnes différentes. Ce n'est pas quelqu'un qui n'écoute 
qu'une seule personne et qui fait tout ce que quelqu'un va lui 
demander de faire", a-t-il ajouté sur NBC. 
    Kellyanne Conway, ancienne directrice de campagne de Donald 
Trump, a elle aussi défendu le choix de Trump, disant avoir été 
offensée par les réactions suscitées par la nomination de 
Bannon, qu'elle a qualifié de "tacticien brillant". 
    Ancien banquier chez Goldman Sachs, Stephen Bannon a rejoint 
l'équipe de campagne de Trump à la mi-août, à une époque où le 
candidat républicain était en grande difficulté dans les 
sondages. 
    Il a repris les rênes du site d'information Breitbart News à 
la mort de son fondateur, Andrew Breitbart, en 2012, et en a 
fait un site proche de l'extrême droite, accusant Obama d'avoir 
"importé des musulmans haineux" et comparant les services du 
Planning familial à l'Holocauste. 
    En juillet, lors de la convention républicaine de Cleveland, 
Bannon a déclaré au magazine Mother Jones que son site était la 
plate-forme de l'"alt-right", droite "alternative" proche des 
courants nationalistes et suprémacistes blancs. 
    Steve Bannon a participé à la production du film "Clinton 
Clash", qui accuse le couple Clinton d'avoir concédé des faveurs 
aux plus gros donateurs de leur fondation de bienfaisance, un 
thème que Trump a fortement exploité durant la campagne. 
     
    VOIR AUSSI: 
    ENCADRE L'administration Trump prend forme, deux postes 
pourvus   
    Trump: Un magnat du pétrole pressenti au secrétariat à 
l'Energie   
 
 (Susan Cornwell, Alana Wise; Jean-Stéphane Brosse et Nicolas 
Delame pour le service français) 
 
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  • delapor4 il y a 4 mois

    Pas étonnant que Bannon ait des ennemis, c'est lui qui a inspiré ce sublime discours "anti-système" de Trump : https://youtu.be/6JMB9GKB8jw