La négociation sur les retraites complémentaires se durcit

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Le syndicat de salariés CGT avait appelé à manifester ce jeudi, durant cette cinquième réunion destinée à discuter de l'avenir des régimes Arcco et Agirc.

Cette cinquième séance n'aura duré que deux heures et demi, et son ordre du jour a été remis à une séance ultérieure. Venus discuter des avantages familiaux et conjugaux - pension de reversion et bonifications accordés aux salariés ayant trois enfants - les syndicats de salariés ont déplacé le débat sur la question des ressources.

Ce jeudi les partenaires sociaux avaient entamées la séance dans une ambiance studieuse, mais les négociations se sont progressivement tendues. La CGT avait invité les salariés à organiser des rassemblements - qui sont restés de faible ampleur avec quelques centaines de personnes - partout en France. «Le fait d'avoir appelé les salariés à intervenir a quand même eu quelques effets sur la tenue des négociations», a estimé devant la presse Eric Aubin, chef de file de la délégation CGT. «On a eu une intervention assez ferme des organisations syndicales sur la question essentielle, celle des ressources», a-t-il poursuivi.

Baisse des rendements

Longtemps excédentaires, les régimes de retraite complémentaires des salariés(Arcco) et des cadres (Agirc) ont souffert de la crise et doivent puiser dans leurs réserves pour rester à l'équilibre. Contrairement au régime général, ils ne peuvent en effet pas être déficitaires. Leur taux de rendement diminue au fil du temps et les syndicats ont abordé ces négociations avec la ferme intention de le stabiliser en réclamant des ressources supplémentaires. «Le taux de rendement ces 17 dernières années a baissé de 25% à l'Arrco et de 30% à l'Agirc, ce qui a pour effet une répercussion immédiate d'une ampleur à peu près égale en termes de taux de remplacement», c'est-à-dire du pourcentage de la retraite versée par rapport au dernier salaire, affirme le négociateur cégétiste.

Mais si tous s'accordent sur la nécessité de stabiliser le taux de rendement, le propositions de remède divergent. Certains syndicats n'écartent pas une petite hausse des cotisations de salariés. La CFTC propose ainsi +0,4% sur deux ans, sur les cotisations salariales et patronales. Une éventualité dont ne veut pas entendre parler l'organisation patronale qui invoque un frein à la compétitivité des entreprises. Jean-François Pilliard, du Medef souhaiterait pour sa part que l'âge d'obtention d'une complémentaire à taux plein soit repoussé de 65 à 67 ans pour s'aligner sur le régime de retraite général. Il évoque aussi une «meilleure cohérence» entre les deux régimes Arcco et Agirc. Une idée dont se méfie le syndicat de cadres CFE-CGC qui ne veut pas d'une fusion. Le patronat encourage également la maîtrise des coûts de gestion qu'il évalue à 1,8 milliard d'euros par an.

Les partenaires socviaux doivent se réunir à nouveau le 9 mars prochain. Lors de cette sixième réunion, le Medef soumettra, pour la première fois, des propositions écrites . Les régimes de retraites complémentaires Agirc-Arrco concernent 17,5 millions de salariés du privé, dont 3,7 millions de cadres, et 11,2 millions de retraités, dont 2,5 millions d'anciens cadres. Ils versent chaque année 63 milliards d'euros de prestations, lesquelles représentent les deux tiers de la retraite pour les cadres.

(Avec AFP)

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