La Nasa loin du compte dans sa traque des astéroïdes dangereux

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par Irene Klotz CAP CANAVERAL, Floride, 16 septembre (Reuters) - La Nasa n'atteindra pas l'objectif que lui a fixé le Congrès d'identifier d'ici à 2020 la plupart des petits astéroïdes proches de la Terre et potentiellement dangereux, écrit l'inspecteur général de l'agence spatiale américaine dans un rapport rendu public lundi. Le budget annuel de la Nasa consacré à la traque des "objets géocroiseurs" (ou NEO en anglais, Near-Earth Objects), qui volent à moins de 45 millions de km de la Terre, a pourtant décuplé au cours des cinq dernières années, passant de 4 millions de dollars en 2009 à 40 millions en 2014. Mais les efforts de l'agence pèchent par manque de coordination, estime l'inspecteur général Paul Martin. "La Nasa estime avoir identifié seulement environ 10% de tous les astéroïdes de 140 mètres ou plus", écrit-il. "Etant donné ce rythme actuel et ses ressources, (la Nasa) a déclaré qu'elle n'atteindrait pas son objectif d'identifier 90% de ces objets d'ici à 2020." Selon le rapport, les recherches menées dans le cadre du programme NEO ne sont chapeautées que par un employé et "ne sont pas bien intégrées". Il manque "un programme global de supervision, des objectifs et des critères établis pour mesurer les progrès accomplis", peut-on lire. Depuis 1998, la Nasa a dépensé environ 100 millions de dollars dans des programmes destinés à détecter des objets célestes dangereux pour la Terre, à évaluer leur menace et à éventuellement la réduire. A la date de juillet 2014, la Nasa avait identifié 11.230 NEO et 95% des astéroïdes de diamètre égal ou supérieur à 1 km, potentiellement les plus destructeurs, mais seulement 10% des astéroïdes de moins de 140 m de diamètre, loin de l'objectif de 90% d'ici 2020 fixé par le Congrès. La quête d'astéroïdes a pris une tournure plus urgente avec l'explosion, dans le ciel de Tcheliabinsk en Russie, d'un petit astéroïde le 15 février 2013. La déflagration a dégagé une énergie 20 à 30 fois supérieure à la bombe atomique d'Hiroshima. Plus de 1.500 personnes ont été blessées par des bris de verre et autres débris. Le même jour, un astéroïde bien plus gros, n'ayant rien à voir avec celui de l'Oural, a frôlé la Terre, passant plus près que les satellites de télécommunication en orbite autour de notre planète. Ces événements ont débouché sur des audiences au Congrès américain et des appels ont été lancés pour que la Nasa intensifie sa traque des objets célestes dangereux. Répondant aux critiques de l'inspecteur général, qui recommande de désigner quatre à six employés supplémentaires pour s'occuper de la coordination des recherches, l'administrateur associé de la Nasa pour la science, John Grunsfeld, a dit espérer qu'un nouveau programme serait en place d'ici un an. (Eric Faye et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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