La multipropriété : bonne ou mauvaise idée?

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La multipropriété, appelée aussi « achat à temps partagé » ou encore « time share », donne la possibilité d'acheter un droit de séjour d'une ou plusieurs semaines par an dans un appartement ou une villa tout équipé. Le bien est généralement situé dans une résidence de loisirs en France ou à l'étanger. L'acheteur n'en est toutefois pas propriétaire, mais simplement associé à la société de construction pour une durée maximale de 99 ans. Voici les avantages et les inconvénients d'un tel achat.

La Multipropriété
La Multipropriété

Un lieu de vacances à moindre coût

Si la multipropriété ne fait pas accéder à la propriété, elle permet cependant de s’offrir une ou plusieurs semaines de vacances à des prix parfois très avantageux. Pratique très populaire en Grande-Bretagne, le "time-share", permet de mutualiser l'achat d'un bien afin de l'obtenir au plus bas prix. A titre d'exemple, vous pourrez acheter un studio sur la Côte d'Azur pour 4.000 € et en jouir deux semaines par an au mois de mai. Il restera à payer environ 500 € de charges annuelles. Ce type de marché peut intéresser les foyers qui ne veulent pas s’embarrasser des tracas de la propriété, ni mettre trop de moyens dans l’achat d’une habitation secondaire. De plus, en théorie, il est possible de revendre ou de louer à des tiers pendant son temps d’occupation. Attention toutefois aux nombreuses arnaques.

Bien vérifier son contrat et la fiabilité de la société vendeuse

Les forums internet regorgent de témoignages de multipropriétaires floués, arnaqués ou menacés par des sociétés peu scrupuleuses, notamment en Espagne. Il existe même une association de victimes du time-share. Il convient donc d'être très prudent avant de se lancer dans une telle aventure et notamment de bien lire le contrat de vente. Celui-ci doit bien comporter les coordonnées du vendeur, la description détaillée du logement et des services associés, la durée et la fréquence de la période de jouissance et bien sûr le prix. Prenez-garde aussi aux charges annuelles et à leur évolution dans le temps. En effet, de nombreux gestionnaires de time-share augmentent (parfois considérablement) les charges chaque année. La directive Européenne du 26 octobre 1994 prévoit que le vendeur doit établir une évaluation des charges à venir. Enfin, le contrat doit être rédigé en français, même si la résidence se trouve à l'étranger. Vous disposez également d'un droit de rétractation de 14 jours après la signature de l'achat. Pour mieux protéger les consommateurs, la réglementation de l'UE a été modifiée en 2008. Elle est consultable ici.
Pensez enfin à vérifier la fiabilité de la société et consultez si besoin les listes noires qui existent sur internet.

Echanger, revendre et transmettre

Souvent, les contrats de multipropriété prévoient des possibilités d'échange avec d'autres biens situés dans d'autres localités. Par exemple, échanger une semaine à Nice en mai contre une semaine à Méribel en novembre. Ces bourses d'échange s'avèrent souvent être des arnaques, car le turnover est très faible sur le secteur et le réseau géré par la société vendeuse est généralement très limité. C'est pourquoi il est conseillé de consulter le catalogue publié par la société pour avoir une juste idée des résidences interchangeables. Pour augmenter ses chances de bien échanger sa semaine de vacances mieux vaut opter, si l’on peut, pour l'achat d'un appartement avec vue sur mer ou d'un chalet à la montagne. Cela facilitera aussi la revente et vous assurera une opération rentable. Une fois ce bien acquis et toutes les charges réglées, il fera partie de votre patrimoine et vous pourrez donc le revendre, le donner ou le transmettre à vos héritiers.

Trucs et astuces

Attention, si vous sollicitez un prêt pour faire un placement de type time-share, il s'agira d'un crédit à la consommation et non d'un crédit immobilier. Vous ne bénéficierez donc pas d'un taux similaire.
Si vous constatez une augmentation abusive des charges de votre multipropriété, essayez de vous unir avec les autres occupants pour formuler une demande collective de diminution des charges ou intenter une action commune en justice.
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