La mousson, menace sanitaire pour le Népal après le séisme

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par Joseph D'Urso LONDRES, 2 mai (Thomson Reuters Foundation) - Les secours présents au Népal n'ont que peu de temps pour mettre en oeuvre les mesures nécessaires afin de protéger la population d'épidémies potentiellement mortelles pendant la mousson, a déclaré samedi un responsable de l'Unicef, le fonds des Nations unies pour l'enfance. Les risques sanitaires encourus après le séisme de la semaine dernière risquent d'être exacerbés par l'humidité lors de la saison des pluies, a expliqué Rownak Khan, l'un des représentants de l'Unicef sur place. La mousson au Népal dure généralement de juin à septembre. Le dernier bilan en date du séisme de samedi dernier, d'une magnitude de 7,8, est de plus de 6.200 morts et 14.000 blessés selon les autorités népalaises. Des milliers de personnes restent portées disparues et les secours continuent d'extraire des corps des décombres des bâtiments détruits par les secousses. "Les hôpitaux débordent, l'eau se fait rare, des corps restent enterrés sous les décombres et les gens continuent de dormir à la belle étoile", a déclaré Rownak Khan dans un communiqué. "Cela constitue un terreau idéal pour les maladies." Trois millions de personnes ont besoin d'une aide alimentaire et plus de 130.000 bâtiments d'habitation ont été détruits selon l'Unicef, qui a recensé 24.000 personnes dans 13 camps de fortunes à Katmandou, la capitale. Les besoins les plus urgents concernent les équipements médicaux, l'eau potable, les sanitaires et les abris, a précisé Chris Tidey, porte-parole de l'Unicef, à la Thomson Reuters Foundation. Selon l'Organisation mondiale de la santé, certains hôpitaux des régions les plus éprouvées par le séisme ont été totalement détruits. Le système de santé ne manque pas de personnel mais d'équipements et de fournitures, précise l'Unicef. "Nous devons rester vigilants dans nos efforts, pour prévenir et maîtriser l'apparition de maladies infectieuses, comme la diarrhée", a expliqué le docteur Roderico Ofrin, qui dirige les programmes d'urgence de l'OMS, dans un communiqué vendredi. "Quand la saison de la mousson débutera, la situation risque de devenir vraiment compliquée", souligne Chris Tidey, qui n'exclut pas une deuxième crise dans quelques mois si les moyens nécessaires ne sont pas mis en oeuvre. Des maladies comme la diarrhée, les affections respiratoires, la rougeole ou même le choléra, endémique au Népal ces dernières années, ont tendance à "exploser" quand une partie de la population vit à l'air libre sous de fortes pluies, explique-t-il. A Haïti, après le tremblement de terre qui a dévasté le pays en janvier 2010, faisant plus de 250.000 morts, le pays a été ravagé par des épidémies, de choléra entre autres, qui ont tué plusieurs milliers de personnes supplémentaires. (Marc Angrand pour le service français)

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