La motivation de Marc Coma, l'un des grands favoris du Dakar motos

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La motivation de Marc Coma, l'un des grands favoris du Dakar motos
La motivation de Marc Coma, l'un des grands favoris du Dakar motos

Plus motivé que jamais, le Catalan était présent au salon de la moto de Paris il y a quelques jours, sur le stand de son sponsor AMV (assurance) où il nous a accordé un entretien. De son amour pour l'Afrique au Dakar 2014 (qui s'élance dimanche de Rosario, en Argentine) en passant par le décès de son ami Kurt Caselli sans oublier son avenir, le pilote KTM a balayé l'ensemble de son actualité.

Marc Coma, comment est née votre passion pour la moto et notamment pour le rallye Dakar ?Le virus de la moto n'a pas été difficile à attraper. Mes parents et mes oncles faisaient de la moto. Quant au Dakar, je le regardais à la télévision depuis ma plus tendre enfance.

Vous avez remporté trois fois le Dakar (2006, 2009, 2011), vous êtes triple champion du monde de Rallye Cross Country. Quel est votre meilleur souvenir ?C'est d'avoir remporté tout ça. C'est très compliqué de choisir, chaque victoire a sa propre histoire. En choisir une en particulier serait injuste. La première victoire est peut-être la plus particulière. Mais je n'aime pas en retirer une plutôt qu'une autre. Quand tu gagnes, c'est toujours un grand moment. J'ai gagné le Dakar à trois reprises et même dans mes rêves les plus fous, je n'aurais pu l'imaginer.

Et le pire ?L'année dernière quand j'ai dû renoncer à cause d'une blessure, a très certainement été mon pire souvenir.

« Le Dakar ne se résumera pas à une bataille avec Cyril Desprès »

Avez-vous un sentiment de revanche après votre non-participation en 2013 ?Oui, cette année je suis motivé à l'extrême ! J'ai un surplus d'énergie parce que l'an dernier j'ai manqué le Dakar à cause d'une blessure. Je suis de nouveau là, avec de l'envie, à 100% physiquement et avec beaucoup d'espoir après ce qui s'est passé l'an dernier. L'année dernière a été compliquée pour moi. J'ai d'abord dû accepter le fait que j'étais blessé et que je ne pouvais pas participer à la course. Ensuite, il a fallu la regarder depuis la maison alors que j'aurai dû être là-bas. Cela a été un moment difficile à accepter mais après j'ai pensé à la récupération et le temps est passé rapidement.

Le prochain Dakar se résumera-t-il à un duel avec Cyril Desprès ?Je ne pense pas. Le Dakar a complètement changé avec les Honda, Yamaha, KTM... Je pense qu'il y a cinq ou six pilotes qui peuvent songer à la victoire et c'est le Dakar que l'on attend. Je ne pense pas que cela se résumera en une bataille entre deux hommes.

Vous serez l'unique leader chez KTM cette année après le départ de Cyril Desprès chez Yamaha. Est-ce un avantage ?Notre équipe, KTM, compte également Francisco « Chaleco » Lopez (ndlr : 3eme du Dakar 2010) qui est un pilote très solide en Amérique du sud. Nous avons une très bonne équipe et, que ce soit l'un ou l'autre, nous espérons être sur la plus haute marche du podium.

Il n'y a donc pas de favori dans l'équipe ?Non, c'est une course très longue et penser à qui est le grand favori ou qui va gagner... (il s'interrompt) En plus cela ne te confère aucun statut. Le mieux est d'être fier de notre travail et d'aller de l'avant.

« Je suis un amoureux de l'Afrique »

Vous avez connu le Dakar en Afrique puis désormais en Amérique du Sud. Quelles sont les différences ?C'était très difficile d'imaginer le Dakar hors de l'Afrique. Et après six ans en Amérique du Sud, force est de constater que la course a beaucoup grandi là-bas et s'est renforcée, y compris sur le plan commercial. Elle a énormément évolué. Il m'est difficile de choisir entre l'une ou l'autre.

Vous n'avez pas une petite préférence ?J'ai eu la chance de connaître les deux Dakar. Je suis un amoureux de l'Afrique. Mais, avec ce qui se passe malheureusement en Afrique, nous ne pouvons pas y aller. Je suis heureux d'être en Amérique du Sud parce que les gens nous ont accueillis d'une manière incroyable et c'est fantastique d'être là-bas.

Vous avez travaillé au Maroc durant l'automne en vue du Dakar. Comment se sont passés ces essais ?L'entraînement au Maroc était important car c'était comme un warm-up du Dakar, pour voir si tout se passait bien et pour accumuler des kilomètres dans le désert. C'était un bon entraînement, je suis content.

« Personne ne devrait payer le prix qu'a payé Kurt »

Un mot sur le décès de Kurt Caselli, votre coéquipier et remplaçant l'an dernier sur le Dakar, qui est décédé mi-novembre...L'accident de Kurt a été un coup très dur. Dans le Dakar, lors des courses, nous savons tous que ce sont des choses qui peuvent arriver mais quand ça se produit si près de toi, c'est un moment difficile. Avec Kurt, nous avions une relation proche et la vérité c'est que... c'est très triste. Je pense que c'est un prix que personne ne devrait payer.

Vous avez expliqué que le Dakar devait avoir des étapes plus longues et qu'il doit être la course la plus compliquée à remporter. Vous aimez ce Dakar 2014 ?Oui, je pense que nous allons tomber sur une course plus longue, avec plus de spéciales, avec des étapes-marathons. Il y a quelque chose d'important c'est que, durant cinq jours, nous aurons un parcours différent des voitures. Pour notre sécurité notamment, je pense que c'est une très bonne direction. Et nous allons découvrir la Bolivie. Je pense que ce sera un rallye très intéressant.

« Peterhansel pourrait gagner le Dakar en trottinette »

Un avenir à la Nani Roma, passé de la moto à l'auto, est-ce envisageable pour vous ?Oui, pourquoi pas. Nani Roma l'a fait. Stéphane Peterhansel également même si Stéphane évolue dans un autre monde et qu'il pourrait gagner le Dakar en trottinette. Mais pourquoi pas, même si à l'heure actuelle je suis concentré sur la moto.

Vous êtes sponsorisé par AMV qui vous suit depuis de très nombreuses années. C'est important, pour votre tranquillité et la préparation du Dakar, d'avoir un sponsor aussi fidèle ?Oui, cela fait plus de dix ans que je pilote pour AMV et, pour moi, il ne s'agit pas véritablement d'un sponsor. Je fais partie d'une famille. Je me sens très soutenu et je suis content de représenter les valeurs que véhicule cette marque. Je suis enchanté.

Vous remportez un Dakar toutes vos deux participations. Cette année devrait donc être la bonne...Cela pourrait l'être mais je ne le sais pas encore. Il faut faire du bon travail et très bien courir pour pouvoir gagner. Ce ne sont pas les statistiques qui t'offrent la victoire.

Franck Lalanne

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