La Mostra couronne l'audace du Philippin Lav Diaz

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Horacia (Charo Santos-Concio) dans « The Woman Who Left », de Lav Diaz.
Horacia (Charo Santos-Concio) dans « The Woman Who Left », de Lav Diaz.

Le cinéaste aux films boudés par les circuits commerciaux reçoit le Lion d’or pour « The Woman Who Left ».

En attribuant le Lion d’or à The Woman Who Left, du Philippin Lav Diaz, le jury, présidé par le réalisateur britannique Sam Mendes, a couronné le seul grand film de toute la compétition vénitienne. Programmé en toute fin de festival, le vendredi soir, ce splendide long-métrage en noir et blanc, d’une durée de près de quatre heures, détonnait dans cette section dite « reine », dominée pour le reste par un alliage de productions hollywoodiennes tape-à-l’œil et d’œuvres d’anciens grands maîtres en pleine déconfiture (Wim Wenders, Terrence Malick, Andreï Kontchalovski, Emir Kusturica).

On plaçait certes des espérances dans le film de ce cinéaste hors norme qu’est Lav Diaz, dont les hyper longs-métrages font office, depuis quelques années, de caution radicale des grands festivals européens. Sa découverte n’en a pas moins provoqué un choc. Dans une narration plus resserrée que d’habitude chez cet auteur qui n’hésite pas à étendre ses récits sur sept, voire neuf heures, on suit la trajectoire d’une femme d’une cinquantaine d’années, Horacia, à sa sortie de prison, alors qu’elle y a passé trente ans pour un crime qu’elle n’a pas commis et que son innocence vient d’être reconnue. Trente années volées par un homme riche et puissant, piqué dans son orgueil quand elle l’a quitté pour un plus pauvre que lui, qui a décidé en retour de briser sa vie comme on écraserait un insecte importun.

Splendides compositions Le vertige que provoque l’idée d’une telle violence, dans laquelle il ...

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