La montée du FN bouscule la campagne municipale à Marseille

le
1
LA MONTÉE DU FN BOUSCULE LA CAMPAGNE MUNICIPALE À MARSEILLE
LA MONTÉE DU FN BOUSCULE LA CAMPAGNE MUNICIPALE À MARSEILLE

par François Revilla

MARSEILLE (Reuters) - La montée du Front national à Marseille bouscule la précampagne pour les élections municipales dans la cité phocéenne en 2014, qui devrait voir l'actuel maire UMP, Jean-Claude Gaudin, se représenter pour un quatrième mandat consécutif.

Dans un sondage Ifop commandé par l'UMP et publié par Le Figaro mercredi dernier, le FN sortirait deuxième du premier tour avec 25%, derrière l'UMP mais devant un Parti socialiste affaibli par les affaires et qui choisira en octobre sa tête de liste parmi six candidats à une primaire citoyenne.

Maire de Marseille depuis 1995, Jean-Claude Gaudin laisse de moins en moins planer le doute sur sa candidature, estimant qu'il est "le meilleur candidat de la droite".

"Il est clair que je suis dans une formation politique à l'UMP où, étant maire sortant, l'investiture m'est donnée de droit", a-t-il dit sur France Inter en excluant tout accord avec le Front national.

Mais le sénateur-maire, 73 ans, devra composer avec le parti d'extrême droite qui vise la conquête d'au moins un secteur sur les huit que compte la ville.

Le découpage en secteurs de deux arrondissements chacun fait en effet de l'élection municipale marseillaise la somme de huit élections différentes qui permettent d'élire à la fois les conseillers d'arrondissement, qui choisiront les maires de secteur, et les conseillers municipaux qui désigneront le maire.

Selon le sondage Ifop réalisé à huit mois de l'élection, Jean-Claude Gaudin serait, en cas de triangulaire au second tour, à égalité avec le candidat de la gauche rassemblée avec 39% des voix et le Front National à 22%. Il y fait un meilleur score que ses concurrents UMP, le député Guy Teissier et son ancien dauphin Renaud Muselier.

GAUDIN USE ?

"Il n'y a pas d'enthousiasme pour Gaudin, le maire ne profite pas du rejet de la gauche. Après 18 ans de pouvoir, il apparaît usé et les Marseillais peuvent faire son bilan", a dit à Reuters la candidat du Front national, Stéphane Ravier.

"De notre côté nous progressons de 5% par rapport au sondage précédent", ajoute la tête de liste du FN dans le VIIe secteur, dans les quartiers Nord de la ville où son parti engrange traditionnellement le plus de voix.

La candidate habituelle du PS dans ce secteur, Sylvie Andrieux, sera absente de cette élection, la députée ayant été condamnée à trois ans de prison dont un an ferme pour détournement de fonds publics en mai dernier.

Battu de 339 voix par Sylvie Andrieux lors des élections législatives de 2012, Stéphane Ravier prétend cette fois s'imposer dans ce secteur populaire, une Zone de Sécurité Prioritaire (ZSP) marquée par de nombreux règlements de comptes ces derniers mois.

"C'est possible de l'emporter ici même si ce ne sera pas facile, mon objectif est d'arriver en tête au premier tour", a déclaré Stéphane Ravier.

Même s'il confirme qu'il n'y aura "pas d'accord entre appareils" FN et UMP, Stéphane Ravier estime que "certains élus ou des personnalités pourront se demander au soir du premier tour si elles veulent faire le cadeau de cette ville à la gauche".

Le Parti Socialiste a fait de la conquête de Marseille l'un de ses objectifs nationaux majeurs pour les municipales, sans connaître encore sa tête de liste. Pas moins de six candidats vont s'affronter lors de la primaire citoyenne des 13 et 20 octobre prochain pour représenter leur parti en 2014.

Les prétendants sont la ministre déléguée aux Personnes handicapées et à la lutte contre l'exclusion, Marie-Arlette Carlotti, les députés Patrick Mennucci et Henri Jibrayel, la sénatrice Samia Ghali, le président de la communauté urbaine de Marseille Eugène Caselli et le président du groupe socialiste au conseil municipal Christophe Masse.

Le comité d'organisation des primaires doit encore vérifier les parrainages des candidats qui doivent rassembler les signatures d'au moins 1.350 électeurs et de 220 militants des sections marseillaises du PS.

Tête de liste socialiste en 2008, battu par Jean-Claude Gaudin, le sénateur et président du Conseil général des Bouches-du-Rhône Jean-Noël Guérini, plusieurs fois mis en examen, n'a pas déposé sa candidature.

Edité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M1531771 le lundi 15 juil 2013 à 12:01

    Très très bien ça !