La moitié des Français estime que leur pouvoir d'achat a baissé

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Selon un sondage Obea-Infraforces, un tiers des personnes interrogées prévoient de réduire leurs dépenses de loisirs.

Les sondages se succèdent et dressent le même constat : les Français ont l'impression de s'appauvrir. Selon une consultation réalisée par Obea-Infraforces pour 20 Minutes et France Info, 55% des personnes interrogées jugent que leur pouvoir d'achat a baissé depuis un an. Une écrasante majorité d'entre eux (91%) fustigent, avant même les effets de la crise économique (78%), une hausse des matières premières subie de plein fouet ces derniers mois.

Après les hausses successives des prix du gaz, de l'électricité, ou encore du pétrole sous l'effet des révolutions arabes, les prix de l'énergie ont en effet fortement progressé ces derniers mois, pesant de façon croissante sur le budget des ménages. D'après l'Insee, ce poste de dépense a crû de 15% sur un an au mois de mars, les prix pétroliers ayant de leur côté pris 20%. Des chiffres qui ne prennent pas en compte les derniers records atteints par les prix de l'essence au mois d'avril.

Dépenses de confort rognées

Conséquence de ce budget plus restreint, un tiers des Français prévoit à l'heure actuelle de réduire certaines dépenses. «Ce sont essentiellement les frais de confort qui sont rognés», relève sur France Info Philippe Tapia, directeur de l'institut Odea-Infraforces. 37% des sondés envisagent ainsi de reporter des travaux dans leur maison, et 33% de réduire leurs achats de loisirs et leurs sorties au restaurant ou au cinéma. Un autre sondage paru début avril soulignait qu'un tiers des Français s'apprêtait à rogner sur les dépenses alimentaires, en réduisant les quantités achetées ou en se tournant vers le hard discount.

Mais au-delà de la crise économique et de la hausse des prix des matières premières, les sondés fournissent des explications plus subjectives à ces restrictions. Pour une écrasante majorité d'entre eux (81%), la baisse de leur pouvoir d'achat est imputable aux entreprises «qui veulent faire plus de profits», ou encore à la politique menée par l'actuel gouvernement (79%). Près de la moitié d'entre eux juge qu'il devrait favoriser les hausses de salaires. 27% plaident même pour un blocage des prix des produits de première nécessité.

Conscient du caractère crucial de cette problématique, le chef de l'Etat a annoncé à la fin du mois d'avril la création d'une prime obligatoire versée aux salariés lorsqu'une entreprise redistribue des dividendes en hausse. Cette prime n'a pour l'instant trouvé grâce ni auprès des syndicats, qui craignent qu'elle ne conduise à une stagnation des salaires, ni auprès du patronat, qui déplore une contrainte supplémentaire imposée aux entreprises. Cette prime, dont les modalités ont été précisées en fin de semaine dernière, devrait être adoptée dès cet été.

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