La moitié des Européens lie réfugiés et risque d'attentats-Pew

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    BRUXELLES, 12 juillet (Reuters) - Environ la moitié des 
Européens craignent que l'arrivée de réfugiés n'augmente le 
risque d'attentats dans leur pays, montre un sondage publié 
lundi, et l'Europe de l'Est en particulier voit les réfugiés 
comme un fardeau pour l'économie. 
    L'institut américain Pew Research Center, basé à Washington, 
a interrogé les personnes en âge de voter dans dix pays, où la 
part de la population immigrée est très variable. En France, la 
part des personnes qui pensent que les "réfugiés vont augmenter 
la probabilité du terrorisme dans notre pays", est de 46%. Elle 
est de 52% en Grande-Bretagne, 61% en Allemagne, 71% en Pologne 
et 76% en Hongrie.  
    En terme médian, 59% des sondés des dix pays lient les 
réfugiés au risque terroriste dans les dix pays européens. 
    A la question de savoir si "les réfugiés représentent un 
fardeau car ils prennent les emplois et les avantages sociaux" 
des locaux, moins d'un tiers des Allemands (31%) se disent 
d'accord avec cette information, contre 82% des Hongrois. Au 
total, 50% des sondés européens souscrivent à l'idée (médiane). 
    Près de la moitié des Italiens et des Suédois interrogés 
pensent que les réfugiés sont davantage responsables d'actes 
criminels que d'autres groupes. Seuls 13% des Espagnols 
cautionnent cette déclaration. 
    Interrogés sur les musulmans présents dans leurs pays, les 
sondés d'Europe de l'Est et du Sud s'y montrent les plus 
opposés.  
    Environ deux tiers de Polonais, mais aussi des Grecs, des 
Italiens et des Hongrois déclarent avoir une opinion 
"défavorable" des musulmans de leur pays, quand moins d'un tiers 
des Français, des Allemands et des Britanniques partagent ce 
jugement. 
     
    LA DIVERSITÉ N'ENTHOUSIASME PAS LES EUROPÉENS 
    Les données de l'institut suivent en outre les évolutions 
des réponses depuis une précédente enquête de 2005. 
    En Allemagne, 9% des sondés jugeaient alors que les 
immigrants musulmans voulaient adopter les coutumes locales, ils 
sont désormais 32% à le penser. En France aussi, cette part a 
augmenté puisque 43% des interrogés jugent maintenant que les 
immigrés de confession musulmane souhaitent s'assimiler, contre 
32% en 2005. 
    Près de trois-quarts des Grecs et des Hongrois pensent au 
contraire en 2016 que les immigrés musulmans souhaitent rester à 
part de la société. 
    En France, les réponses quant aux réfugiés suivent les 
lignes partisanes: 36% des sondés qui s'identifient comme 
socialistes voient les réfugiés comme un poids, contre 61% pour 
les soutiens des Républicains et 90% des sondés Front national. 
    Enfin, peu d'Européens souscrivent à l'idée qu'une diversité 
croissante a un impact positif sur leur pays. Avec 36% 
d'opinions favorables, la Suède enregistre le plus fort taux de 
soutien à l'idée. Dans la plupart des pays, une majorité de 
sondés estime que le fait qu'un nombre croissant de groupes 
différents habitent le pays n'a que peu d'incidence sur leur 
qualité de vie. 
    Le sondage a été mené dans dix pays européens et aux 
Etats-Unis sur 11.494 personnes du 4 avril au 12 mai 2016, soit 
avant le référendum britannique sur le Brexit, et avant 
l'attentat de l'aéroport d'Istanbul-Ataturk, fin juin. 
     
    Lien vers le rapport du Pew Research Center:  
    http://www.pewglobal.org/2016/07/11/europeans-fear-wave-of-refugees-will-mean-more-terrorism-fewer-jobs/ 
 
 (Alastair Macdonald; Julie Carriat pour le service français, 
édité par Danielle Rouquié) 
 
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