La métropole de Lyon et le Rhône soldent leurs prêts toxiques

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    * Des emprunts renégociés 
    * Pas de procédure judiciaire 
    * Mais des centaines de millions d'euros de coût 
 
    LYON, 25 avril (Reuters) - La métropole de Lyon et le 
département du Rhône ont annoncé lundi avoir trouvé une solution 
négociée pour solder les 217 millions d'euros d'emprunts 
toxiques contractés avec Dexia  DEXI.BR , mais pour un coût 
total de 425 millions d'euros. 
    Renonçant aux procédures judiciaires en cours, les deux 
collectivités ont préféré la voie de la négociation lorsque la 
Banque Nationale Suisse a décidé, début 2015, de déplafonner la 
parité du franc suisse avec l'euro, ce qui a entraîné une 
flambée des taux d'intérêt jusqu'à 20,77% par an. 
    "On ne pouvait pas continuer plus longtemps avec de tels 
taux", a estimé Gérard Collomb, président socialiste de la 
métropole de Lyon, lors une conférence de presse. 
    Les trois emprunts toxiques contractés avec Dexia ont été 
renégociés avec l'Agence France Locale, Euribor, et la Sfil 
(Société de Financement local), qui ont consenti à la Métropole 
lyonnaise des taux d'intérêts bas (de 0,50% et 0,69%) pour le 
rééchelonnement du reste du capital dû, ceci après le versement 
par anticipation d'une soulte de 95,6 millions d'euros.  
    Sans possibilité d'un versement par anticipation, le 
département du Rhône a obtenu de son côté un rééchelonnement de 
sa dette à un taux de 3,25%. 
    La sortie de ces emprunts toxiques a un coût important pour 
les deux collectivités. Les présidents des deux collectivités 
ont annoncé que celui-ci s'élevait à 425 millions d'euros, y 
compris la soulte et une partie des intérêts qui auraient été 
versés si les emprunts avaient été remboursés.  
     
    "PAS ASSURÉS DE GAGNER" 
    Il sera toutefois compensé par une indemnité versée par le 
fonds d'aide aux collectivités victimes de prêts toxiques mis en 
place par l'Etat qui ne laissera plus que 127 millions d'euros à 
la charge de la métropole et 69 millions à la charge du 
département du Rhône. 
    Les responsables de deux collectivités ont expliqué avoir 
fait ce choix, onéreux, de sortie des emprunts toxiques afin 
"d'éviter l'aléa judiciaire".  
    "Nous n'étions pas du tout assurés de gagner, bien au 
contraire", estime Richard Brumm, vice-président de la Métropole 
de Lyon chargé des finances, "Les procédures pouvaient s'étaler 
sur encore près de quatre ans".  
    Il a ajouté qu'avec le déplafonnement du franc suisse sur 
l'euro, "les taux d'intérêt devenaient monstrueux, et pouvaient 
atteindre à 33%".  
    "De deux maux, nous avons choisi le moindre", a conclu 
Richard Brumm.  
    Christophe Guilloteau, président Les Républicains du 
département du Rhône, a ajouté que cette situation empoisonnait 
en outre les relations des collectivités avec les banques qui 
rechignaient, en raison de ces emprunts toxiques, à accorder de 
nouveaux prêts. 
    La Métropole de Lyon et le département du Rhône sont les 
collectivités françaises qui portaient les prêts toxiques les 
plus lourds. Elles sont les premières à s'en être débarrassés et 
devraient être suivis par d'autres.  
 
 (Catherine Lagrange, édité par Yves Clarisse) 
 
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