La méthode allemande pour l'automobile inspire Arnaud Montebourg

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MONTEBOURG VEUT S'INSPIRER DE LA MÉTHODE ALLEMANDE POUR L'AUTOMOBILE
MONTEBOURG VEUT S'INSPIRER DE LA MÉTHODE ALLEMANDE POUR L'AUTOMOBILE

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Le gouvernement est favorable à un recours accru au chômage partiel, comme le font les Allemands, pour éviter la fermeture définitive des usines automobiles françaises en difficulté, a déclaré mardi le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg.

Face à la chute des ventes de voitures en France et en Europe, les deux constructeurs français PSA Peugeot Citroën et Renault ont réduit la cadence de plusieurs de leurs sites d'assemblage à la rentrée alors qu'il sont déjà confrontés à des surcapacités de production.

Pour réduire ses capacités, PSA a en outre annoncé en juillet la fermeture de son usine d'Aulnay-sous-Bois en 2014.

"Je suis favorable à ce qu'on élargisse, à ce qu'on facilite l'usage du travail partiel, plutôt qu'on ferme des usines (...) c'est la stratégie allemande qui leur a tant réussi dans la crise", a dit Arnaud Montebourg au cours d'une rencontre avec la presse organisée par 7pmTV.

"Quand votre chiffre d'affaires s'écroule de 80%, la réaction française a été de mettre tout le monde à la porte, (...) de perdre les savoir-faire industriels, de perdre les compétences, de désoler des territoires", a-t-il ajouté.

"Les Allemands ont dit: nous nous serrons les coudes, nous finançons, ils ont mis six milliards dans le chômage partiel, pendant que nous on subventionnait les heures supplémentaires. Nous avons été cigale, les Allemands ont été fourmi."

La possibilité d'avoir recours à une plus grande flexibilité dans les usines automobiles françaises pour ajuster la production à la demande constitue une des grandes demandes des constructeurs hexagonaux. Le dispositif d'activité partielle de longue durée (APLD), financé conjointement par l'entreprise, l'Etat et l'Unedic, ne peut excéder douze mois dans sa forme actuelle.

PSA, qui réclame l'extension de ce dispositif, a déjà négocié également avec ses syndicats un accord de flexibilité en échange de l'attribution d'un nouveau modèle sur le site de Sevelnord. Le numéro deux de Renault, Carlos Tavares, a indiqué pour sa part que si le groupe au losange gérait actuellement la situation difficile que connaissent ses sites à travers le chômage partiel, les usines françaises de Renault devaient à terme devenir plus compétitives.

MISSION SUR LES INFRASTRUCTURE DE RECHARGE ÉLECTRIQUE

Sur les 8.000 suppressions d'emploi annoncées par PSA en juillet, Arnaud Montebourg a répété qu'il espérait voir ce nombre baisser lors des discussions tripartites qui vont s'ouvrir entre l'Etat, les syndicats et la direction.

Malgré les graves difficultés financières que rencontre le groupe sochalien, Arnaud Montebourg a estimé qu'il y avait toujours de la place pour deux constructeurs français.

"Les constructeurs eux-mêmes ont besoin de cette émulation, je suis convaincu que la France qui est un grand pays, une grande nation industrielle, qui exporte ses produits, a l'espace, la force d'avoir plusieurs constructeurs généralistes sur son sol, elle n'est pas la seule d'ailleurs dans ce cas", a-t-il dit.

A deux jours de l'ouverture à la presse du Mondial de l'automobile, le ministre du Redressement productif a loué le pari de Renault dans le véhicule électrique, l'une des pistes que l'automobile française doit selon lui suivre, avec l'hybride et les moteurs thermiques à faible consommation, pour assurer son avenir.

Afin d'aider au développement des infrastructures de recharge sur la voie publique, dans les parkings et les copropriétés, il a confié à Philippe Hirtzman, ingénieur de mines, la mission de coordonner avec les collectivités le travail de déploiement des bornes. La France comptait fin 2011 seulement 1.500 à 2.000 points de recharge, contre 15.000 en Europe. Le Grenelle de l'environnement a fixé pour objectif 75.000 bornes en 2015 et 400.000 en 2020.

Interrogé par ailleurs sur le choix de l'UGAP, de retenir Ford pour le renouvellement d'une partie des voitures de police françaises en plein débat sur l'avenir du "Made in France", Arnaud Montebourg a estimé que la centrale d'achat public n'avait pas fait son travail dans ce dossier.

"Je réagis très mal et je l'ai fait savoir au directeur de l'UGAP", a-t-il dit. "J'ai donc demandé à reprendre cette affaire."

Edité par Jean-Michel Bélot

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  • M8743521 le mardi 25 sept 2012 à 15:36

    Enore une fois Montebourg montre qu'il ne connait pas la situation de l'auto allemende. Quand ça a été nécessaire, et avec l'accord des syndicats, les mesures de sauvetage ont été prises(réducion des salaires,chomage partiel,assouplissement des condions de travail)..toutes choses impossibles en France car bloquées par la gauche et les syndicats.

  • M6575115 le mardi 25 sept 2012 à 15:13

    "Quand le chiffre d'affaire s'ecroule de 80% on met tout le monde a la porte" . ??? oui, parce que ces c.ons de syndicats Francais on empeché avant qu'on en licencie 5%. Les CGT et autres SUD et Fo sont les verrues de la France dans les grandes entreprises, quand est ce qu'on va enfin degager ces nuisibles ? la FRance n'emploie plus a cause d'eux. Quand on pense qu'ils s'oppose même a des suppressions de postes intérimaires, ou sont nos chances par rapport au reste de l'Europe ?

  • paumont1 le mardi 25 sept 2012 à 15:00

    rien sur l'hydrogène comme d'habitude; Monsieur le ministre, les allemands roulent déjà à l'hydrogène, quand ferons-nous de même???

  • vaudouar le mardi 25 sept 2012 à 14:54

    Les syndicats allemands avaient accepté un baisse de salaire de 25% pendant des années, maintenant les ouvriers bénéficient de primes. Ici les syndicats ont préféré faire fermer Moulinex, Le France . . . etc. Maintenant, j'ai de la peine à croire qu'ils savent réfléchir !

  • j-c-roy le mardi 25 sept 2012 à 14:49

    C'est bien le moment, alors que les ventes chutent outre-Rhin.Aurions-nous toujours un métro de retard ?

  • gustav10 le mardi 25 sept 2012 à 14:39

    Cela va pas plaire à la CGT de se serrer les coudes avec la direction !