La météo pèse sur le trimestre de Lafarge, objectifs confirmés

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PERTE NETTE POUR LAFARGE AU 1ER TRIMESTRE
PERTE NETTE POUR LAFARGE AU 1ER TRIMESTRE

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Lafarge, pénalisé au premier trimestre par des conditions météorologiques particulièrement hostiles, a annoncé mardi qu'il atteindrait probablement son objectif de désendettement au cours du second semestre de cette année.

Le premier cimentier mondial, numéro deux des granulats et numéro quatre du béton, indiquait simplement jusqu'ici qu'il comptait ramener sa dette sous la barre des dix milliards d'euros le plus rapidement possible en 2013.

Cet endettement massif, hérité de l'acquisition de l'égyptien Orascom en 2008, vaut au groupe d'être noté en catégorie "junk" (spéculative) par Standard & Poor's et Moody's.

"Nous prenons notre temps, mais en même temps quand nous disons nous avons un programme, c'est que ce programme est substantiel", a déclaré le PDG de Lafarge Bruno Lafont au cours d'une téléconférence de presse.

"(Il) nous permettra d'atteindre notre objectif de réduction d'endettement, donc en dessous de 10 milliards d'euros, probablement effectivement vers la deuxième partie de l'année."

L'endettement net du groupe a diminué de 0,6 milliard sur un an au premier trimestre à 11,8 milliards, mais a augmenté de 0,5 milliard d'un trimestre à l'autre, ce que Lafarge explique par les variations saisonnières normales du besoin en fonds de roulement.

Le programme auquel Bruno Lafont fait référence passe notamment par une limitation à 800 millions d'euros des investissements cette année et par des cessions d'actifs, dont le groupe a sécurisé un milliard d'euros depuis janvier 2012. Sur ce montant, 600 millions ont été encaissés l'an dernier.

"Les 400 millions d'euros restant seront reçus d'ici fin 2013 et viendront en réduction de la dette, et nous procéderons à d'autres désinvestissements créateurs de valeur", a souligné le groupe dans son communiqué.

"PRICING SOLIDE"

Lafarge a également rassuré sur sa capacité à maintenir ou augmenter ses prix dans un environnement relativement concurrentiel. Le groupe, qui mise notamment sur des bétons innovants pouvant être vendus plus cher, s'est dit confiant sur sa marge de manoeuvre tarifaire cette année face à une hausse attendue de 4% des coûts de l'énergie.

"Notre pricing est solide", a dit le directeur financier Jean-Jacques Gauthier au cours d'une téléconférence avec les analystes. "Les hausses de prix commencent à entrer en vigueur au premier trimestre, et le plein effet se fait habituellement sentir au deuxième trimestre."

En Bourse, à 11h35, l'action s'adjuge 5,4% à 51,5 euros, s'inscrivant en tête de l'indice CAC 40 (+0,33%).

"Le T1 est mauvais avec une perte plus élevée, mais les objectifs ont été confirmé malgré cela, y compris sur la dette, ce qui semble compenser la mauvaise surprise du T1", commente un vendeur actions à Paris.

Traditionnellement faible en début d'année, l'activité dans la construction a souffert cette fois de conditions météorologiques plus défavorables que d'habitude, notamment avec un hiver prolongé et rigoureux en Europe et en Amérique du Nord.

Le chiffre d'affaires trimestriel de Lafarge a baissé de 6% à 3,14 milliards d'euros (-4% à change et périmètre constants) et la perte nette part du groupe s'est creusée à 117 millions d'euros, contre -60 millions un an plus tôt.

Le consensus Thomson Reuters donnait des ventes de 3,16 milliards d'euros, à partir des estimations de sept analystes, et une perte nette de 62,40 millions (cinq analystes).

Lafarge a confirmé néanmoins son objectif d'une croissance de 1% à 4% de la demande de ciment sur les marchés où il est présent, toujours caractérisés par une évolution à deux vitesses entre une Europe morose et des pays émergents (Inde ou Irak) où la demande en matière d'urbanisation reste dynamique.

Edité par Dominique Rodriguez

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