La météo oblige à l'arrêt des recherches au large de Lampedusa

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RECHERCHES INTERROMPUES AU LARGE DE LAMPEDUSA
RECHERCHES INTERROMPUES AU LARGE DE LAMPEDUSA

par Steve Scherer

LAMPEDUSA, Italie (Reuters) - Les recherches pour retrouver de nouveaux corps de victimes du naufrage près des côtes de l'île italienne de Lampedusa ont été interrompues vendredi en raison des mauvaises conditions météorologiques en mer Méditerranée.

Les sauveteurs ont jusqu'ici récupéré 111 corps et s'attendent à en trouver une centaine d'autres dans l'épave du bateau qui gît par une quarantaine de mètres de fond.

Cent cinquante cinq rescapés ont pu être sauvés jeudi, le jour du naufrage dont le bilan s'établit à environ 300 morts et disparus.

La mer est agitée, ce qui complique la tâche des sauveteurs, et il n'y a plus guère d'espoir de retrouver des survivants parmi le demi-millier de passagers.

"Malgré la persistante de mauvaises conditions en mer, nos gars sont prêts à plonger de nouveau si une occasion se présente et qu'ils peuvent le faire en toute sécurité", a dit Filippo Marini, porte-parole des garde-côtes italiens.

Le bateau, qui transportait principalement des Erythréens et des Somaliens, a sombré au petit matin après que du fioul a pris feu. Cet incendie a provoqué un mouvement de panique des passagers, qui se sont tous précipités sur le même bord.

Le gouvernement italien a décrété un jour de deuil national vendredi. Une minute de silence devait être observée dans les écoles à la mémoire des victimes.

En déplacement à Assise, le pape François a condamné "un monde sauvage (...) qui ne se soucie pas de tous ceux qui ont du fuir la pauvreté et la faim, qui ont du fuir pour rechercher la liberté et trouver bien souvent la mort, comme cela s'est passé hier à Lampedusa".

Le pape argentin, apôtre d'une "Eglise pauvre pour les pauvres", a ajouté : "Aujourd'hui est une journée pour pleurer".

Un ferry est arrivé vendredi à Lampedusa, située à mi-chemin entre l'Italie continentale et les côtes tunisiennes, avec, à bord, un camion chargé d'une centaine de cercueils et quatre fourgons mortuaires.

"UN MESSAGE VIRAL DE HAINE"

La petite île est l'un des principaux points d'entrée des migrants qui affrontent la Méditerranée à bord d'embarcations surchargées et peu sûres pour tenter de débarquer sur les rivages de l'Europe, en quête d'une vie meilleure.

Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR), un demi-millier de candidats à l'émigration clandestine se sont noyées en 2012 lors de la traversée entre la Tunisie la Sicile. Le flux de migrants a gonflé ces derniers temps avec les nombreux Syriens qui fuient la guerre civile qui fait rage dans leur pays depuis deux ans et demi.

Le drame, survenu quatre jours après la noyade de 13 migrants au large de la côte est de la Sicile, a relancé les pressions de l'Italie pour obtenir plus d'aide de la part de ses partenaires de l'Union européenne.

Le président du Conseil, Enrico Letta, a réclamé une réunion extraordinaire du Conseil européen pour convenir de la création de "corridors humanitaires" afin de protéger les migrants.

La tragédie de Lampedusa a également provoqué un début de polémique politique, la Ligue du Nord exigeant la tête de la ministre de l'Intégration, Cécile Kyenge, originaire de République démocratique du Congo.

Pour la Ligue, hostile à l'immigration, les appels de la ministre en faveur d'une meilleure intégration des immigrés dans la Péninsule par le biais, notamment, d'une nouvelle législation sur la citoyenneté, ont envoyé "des signaux dangereux" aux candidats à l'émigration.

La maire de Lampedusa, Giusi Nicolini, a, pour sa part, rejeté la suggestion d'un responsable de la Ligue, Matteo Salvini, de renvoyer les bateaux au motif qu'ils transporteraient tous des clandestins.

"Il s'agit de réfugiés, notre devoir est de les accueillir et de les respecter", a-t-elle confié à Reuters.

"Le message véhiculé par la Ligue est un virus de haine qui est en train de contaminer la population. Dans un moment comme celui que nous connaissons, ce parti ne peut pas s'empêcher de ressasser ce genre de conneries".

Avec Wladimir Pantaleone, Roberto Landucci à Rome et Philip Pullella à Assise, Pascal Liétout et Jean-Loup Fiévet pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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  • M2280901 le vendredi 4 oct 2013 à 19:08

    va pas falloir bouffer des crabes pendant quelques temps tout au moins ceux qui ont la barbe qui a poussée

  • LeRaleur le vendredi 4 oct 2013 à 14:59

    Dommage y'a pas de requins.

  • suparico le vendredi 4 oct 2013 à 11:25

    des qu'ils auront recuperé leurs forces, direction Paris, logement, santé et education gratuite. merci l'Italie et l'union europeenne.