La météo et les prix coupent l'appétit des Français pour les fruits et légumes

le
0
Les productions de fruits et légumes accusent un retard de deux à trois semaines et les produits de saison se font rares sur les étals. En phase avec le climat, la consommation de crudités est morose, ce qui contient - pour le moment - l'envolée des prix. » Agriculture, BTP et tourisme, grands perdants de la météo

Les agriculteurs, qui produisent plus de 8 millions de tonnes de fruits et légumes chaque année en France, subissent un retard de deux à trois semaines des récoltes en raison du mauvais temps. Résultat: courgettes, asperges, tomates, cerises ou melons se font rares sur les étals des commerçants. Et pour les quelques produits de saison présents dans les rayons, la qualité n'est pas toujours au rendez-vous. «Les premières récoltes de fraises ou d'abricots sont gorgées d'eau et manquent de sucre», note Christophe Coulin, chef du secteur Fruits et légumes au Marché de Rungis.

Déçus au niveau des papilles, les consommateurs sont aussi pénalisés au niveau du porte-monnaie. «Les prix des produits de saison peuvent être 10 à 15% plus chers dans les commerces en ce moment, à cause des difficultés d'approvisionnement», selon Christophe Coulin. À Rungis, le cours de la fraise «standard» a grimpé de 50 centimes par jour la semaine dernière, désormais à plus de 7 euros le kilo, tandis que l'asperge blanche (16-22mm) vaut plus de 6 euros. Depuis le début de l'année, les conditions climatiques sont difficiles et ont entraîné une hausse régulière des prix des produits frais. Les légumes ont augmenté de 4% en avril, après une hausse de 4,4% en mars, selon l'Insee. Les prix des fruits, quant à eux, se sont stabilisés le mois dernier, mais avaient gonflé de 4,2% en mars.

Pour l'instant, l'impact de cette pénurie sur le pouvoir d'achat des ménages reste limité. «Il y a certes peu d'offre, mais la demande est faible. Avec ce temps, personne n'a envie de manger des crudités», souligne le responsable de Rungis. «Les restaurants réduisent leurs achats pour s'adapter, d'autant plus qu'ils perdent des clients à cause de la pluie et des terrasses fermées.» Les importations de produits d'Espagne ou du Maroc n'ont donc pas bondi, selon lui, faute de besoin des commerces.

Pas de report de la consommation

La grande distribution, qui écoule plus de 65% des ventes de fruits et légumes, devant les marchés (13,5%) ou les primeurs (10,2%), constate aussi ce manque d'appétit. «Pour les produits frais, la concurrence entre les enseignes est telle que les prix sont maintenus à un niveau attractif dans les supermarchés», souligne-t-on chez Système U. La météo pourrait toujours changer la donne. «S'il se met à faire beau et chaud dans les prochains jours, les Français se précipiteront sur les rares tomates ou concombres dont les prix pourraient connaître un pic», prévient Stéphane Teyssèdre, primeur à Prayssac dans le Lot et membre de l'Union nationale des syndicats des détaillants en fruits, légumes et primeurs (Unfd).

Un scénario peu probable, alors que les prévisionnistes n'anticipent pas un retour rapide et durable du printemps. «Lorsque les produits de saison vont arriver en masse dans les rayons après ce retard, il sera difficile de les écouler», s'inquiète-t-on chez Système U. «Ce qui n'a pas été vendu en avril et mai est une perte, car il n'y aura pas de report de la consommation en juin.»

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant