La Mercedes Classe C a son moteur Renault

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LA MERCEDES CLASSE C ÉQUIPÉE D'UN MOTEUR RENAULT
LA MERCEDES CLASSE C ÉQUIPÉE D'UN MOTEUR RENAULT

par Gilles Guillaume et Edward Taylor

PARIS (Reuters) - Renault et Daimler ont annoncé vendredi que la Mercedes Classe C était pourvue depuis le mois dernier d'un moteur diesel fabriqué par le groupe français, dernière concrétisation en date du développement de l'alliance entre les deux constructeurs.

Le moteur, un 1,6 litre diesel fabriqué à Cléon (Seine-Maritime), équipe les nouvelles versions d'entrée de gamme de la célèbre berline du groupe allemand ainsi que le fourgon Mercedes Vito, et vient s'ajouter à la panoplie de motorisations que Renault fournit déjà à ses partenaires.

"Si j'additionne le travail que Cléon développe pour Nissan et le travail que Cléon développe pour Daimler, je peux vous dire que plus de 50% de la production de l'usine est destinée à des partenaires de Renault", a déclaré Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan, au cours d'une conférence de presse commune avec son homologue de Daimler, Dieter Zetsche, aux journées presse du Mondial de l'automobile.

Ces productions constituent une bonne nouvelle pour le site français, qui emploie 3.400 personnes et a produit l'an dernier plus de 500.000 moteurs, mais tous les clients de la marque haut de gamme allemande ne veulent pas forcément savoir qu'ils ont un moteur français sous le capot.

"Ces moteurs sont fabriqué dans une usine Renault, mais ils sont le fruit d'un développement commun sur la base d'un moteur Renault et répondent désormais aussi à tous les besoins spécifiques de Mercedes", a d'ailleurs précisé le président du directoire de Daimler au cours de la conférence de presse.

Dans le cadre de l'alliance conclue en 2010 entre Renault-Nissan et Daimler, Renault fournit déjà au groupe français des petits moteurs diesel pour sa citadine Classe A et les deux groupes développent ensemble des petits moteurs essence, notamment pour la plate-forme commune Twingo-Smart.

Les motorisations plus puissantes viennent davantage des autres partenaires, la dernière Clio Sport embarquant par exemple un moteur essence Nissan de 200 chevaux.

"Vous allez avoir beaucoup de motorisations, des transmissions, des coopérations sur des technologies, franchement il n'y a pas de limite, la seule limite c'est de savoir si ça fait du sens pour les deux groupes", a ajouté Carlos Ghosn. "Mais il n'y a vraiment pas de tabou, pas du tout de vache sacrée qu'on évite, pas de terrain interdit, et ça marche très bien comme ça."

Renault-Nissan et Daimler, dont le nombre de projets communs a quadruplé en quatre ans pour atteindre le nombre de douze, ont souligné qu'ils n'entendaient pas en rester là. Sur les synergies attendues - deux milliards d'euros à terme pour chacun - Carlos Ghosn a indiqué que cet objectif serait largement dépassé, sans plus de précisions.

Dans les véhicules, Nissan a également annoncé vendredi la signature d'un contrat pour fabriquer un fourgon pour la filiale asiatique de Daimler, Mitsubishi Fuso. Le groupe japonais assemblera au Japon son "NV350 Urvan", qui sera rebaptisé "Canter Van" et commercialisé au Moyen-Orient d'ici la fin de l'année.

Les deux groupes ont déjà des fabrications croisées de véhicules utilitaires pour le marché japonais, mais pour un volume limité à 1.300 exemplaires l'an dernier. Sur ce segment, les partenariats les plus importants concernent Renault: le groupe français fabrique la fourgonnette Mercedes Citan à Maubeuge et le grand fourgon Nissan NV400 à Batilly.

Nissan et Daimler ont déjà annoncé en juin qu'ils allaient également fabriquer ensemble au Mexique des véhicules compacts haut de gamme sous les marques Infiniti et Mercedes.

(Edité par Jean-Michel Bélot)

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