La mer d'Aral renoue avec la vie

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La mer d'Aral renoue avec la vie
La mer d'Aral renoue avec la vie

On pensait que les carottes étaient cuites. Que la mer d'Aral, située à cheval entre le Kazakhstan et l'Ouzbékistan, en Asie centrale, allait être rayée de la carte. Mais non ! Grâce à la mobilisation locale et internationale, la quatrième plus grande mer intérieure de la planète, d'une surface de 67 000 km² — soit deux fois la superficie de la Belgique —, revient à la vie. La végétation reprend peu à peu ses droits sur les steppes sablées, tandis que poissons et oiseaux sont de retour.

 

Un miracle au vu du désastre écologique qui se jouait. « Dans les années 1950, l'Union soviétique a systématisé la culture du coton dans les cinq Républiques d'Asie centrale : le Kazakhstan, l'Ouzbékistan, le Kirghizistan, le Turkménistan et le Tadjikistan », détaille Pierre Chevallier, hydrologue à l'Institut de recherche pour le développement. L'idée était de détourner les deux rivières qui alimentent la mer d'Aral, l'Amou Darya au sud et le Syr Darya au nord, pour irriguer les cultures.

 

Elle avait perdu 75 % de sa surface en cinquante ans

 

Mais cette stratégie d'aménagement du territoire a déséquilibré la mer, qui n'avait pas de sortie. En cinquante ans, cette dernière a perdu 75 % de sa surface et 90 % de son volume. « Résultat : la concentration en sel a bondi, ce qui a tué toute forme de vie et stérilisé le milieu. » Le nombre de cancers et de maladies du sang au sein de la population locale a explosé. Dans les années 2000, la communauté scientifique, les bailleurs de fonds internationaux et les gouvernements locaux ont donc pris le taureau par les cornes. Un barrage a été construit à l'est de l'île de Kok-Aral, dans la partie nord, afin de gérer le volume d'eau entrant. « On n'a pas cherché à reconstruire la mer d'Aral telle qu'elle existait au début du XXe siècle, mais à reconstituer des plans d'eau plus petits, alimentés par les deux rivières, explique Pierre Chevallier. On ...

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