La "menace" Boko Haram-EI évoquée lors d'un sommet au Nigeria

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 (Ajoute Photo et TV) 
    par Ulf Laessing 
    ABUJA, 15 mai (Reuters) - Les djihadistes de Boko Haram 
développeront vraisemblablement leur coopération avec l'Etat 
islamique si ce dernier assoit son implantation en Libye, a 
déclaré samedi le chef de la diplomatique britannique Philip 
Hammond lors d'une conférence sur la sécurité au Nigeria. 
    Boko Haram, qui mène une insurrection depuis sept ans dans 
le nord du Nigeria, a annoncé l'an dernier son ralliement à 
l'Etat islamique (EI, Daech). 
    On en sait peu sur le degré de coopération entre les deux 
groupes. Dans les chancelleries occidentales, on craint que 
l'implantation progressive de l'EI en Afrique du Nord et ses 
liens avec Boko Haram n'annoncent une poussée vers le sud, au 
Sahel, avec, à la clé, une intensification des attentats. 
    Après s'être emparé de zones importantes en Syrie et en 
Irak, l'EI a pris pied en Libye dans la région de Syrte, en 
profitant de l'affaiblissement de l'autorité de l'Etat dans le 
pays. 
    "Si vous voyons Daech renforcer sa présence en Libye, cela 
donnera l'impression aux gens d'ici d'une voie de communication 
directe qui permettra vraisemblablement de renforcer la 
collaboration entre les deux groupes sur un plan concret", a 
déclaré Philip Hammond. 
    Vendredi, un responsable américain a fait état de signes 
montrant que des combattants de Boko Haram étaient en train de 
quitter le Nigeria pour partir en Libye. 
    Plusieurs chefs d'Etat africains ont estimé que la Libye 
était un élément clé dans la lutte contre Boko Haram et pour 
améliorer la sécurité dans la région. 
    François Hollande, qui participait à la réunion, a estimé 
que la secte nigérianne restait une menace.  
    "Dans la lutte contre Boko Haram, il y a eu des points très 
importants qui ont été marqués", a déclaré le président 
français. "Ce groupe terroriste a été repoussé, amoindri, obligé 
de reculer (...) mais reste encore néanmoins une menace."      
    Les attentats suicide revendiqués par Boko Haram sont encore 
très nombreux, a souligné le président nigérian Muhammadu Buhari 
même si l'armée nigériane a récupéré la quasi-totalité des 
territoires conquis par la secte.  
    Il a estimé qu'il restait deux tâches à accomplir : "déloger 
les terroristes" de leur repaire dans la forêt de Sambisa, 
située dans le nord-est du Nigeria, et libérer les quelque 200 
lycéennes kidnappées il y a deux ans à Chibok "ainsi que les 
autres victimes d'enlèvements". 
 
 (Danielle Rouquié avec Jean-Stéphane Brosse pour le service 
français) 
 
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