La marge de LVMH baisse au 1er semestre, Louis Vuitton déçoit

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LOUIS VUITTON PÉNALISE LVMH AU 1ER SEMESTRE
LOUIS VUITTON PÉNALISE LVMH AU 1ER SEMESTRE

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - LVMH a publié jeudi des résultats en hausse, marqués cependant par un ralentissement de la croissance organique au deuxième trimestre et par une baisse de la marge opérationnelle.

Le numéro un mondial du luxe, qui ne donne pas de prévisions pour le reste de l'année, a vu ses ventes progresser de 26% à 12,96 milliards d'euros au premier semestre, un chiffre conforme aux attentes des analystes, pour une croissance à taux de change constants de 12%, en retrait par rapport aux 14% du premier trimestre.

Dans la mode-maroquinerie, la cadence a ralenti à 8% au deuxième trimestre après 12% au premier (+10% sur le semestre) et chez Louis Vuitton, la division phare du groupe qui compte pour plus de la moitié de sa rentabilité, elle a été "proche de celle de l'ensemble du pôle", a précisé Jean-Jacques Guiony, directeur financier du groupe.

"Louis Vuitton est décevant", commente Thomas Mesmin, analyste chez CA Cheuvreux, qui se dit aussi déçu par la baisse de la marge.

Par comparaison, la division luxe de PPR a particulièrement brillé, maintenant la cadence avec une très forte croissance de 17,4% au deuxième trimestre et signant, à ce jour, une des plus fortes hausse du secteur (+17,6% au premier semestre).

Chez Hermès, qui a lui aussi fait preuve d'une belle résistance, la croissance a atteint 15,4% sur les six premiers mois.

Le résultat opérationnel courant de LVMH affiche une hausse de 20% à 2,66 milliards d'euros (un chiffre inférieur aux 2,8 milliards attendus), dopé par des effets de change favorables, tandis que la marge opérationnelle recule d'un point à 20,5%.

Elle a notamment perdu 220 points de base dans la division clé du groupe, la mode-maroquinerie. La baisse provient pour moitié de chez Vuitton, affecté par des dépenses de marketing très élevées au premier semestre, liées notamment l'ouverture du Plaza 66, la "maison" de la griffe à Shanghaï, a expliqué le directeur financier .

MARGES SOUS PRESSION AU S2 DANS LA MODE-MAROQUINERIE

Les marges ont aussi souffert chez le bottier Berlutti, en phase d'investissement pour construire une marque de mode masculine à part entière, et chez Fendi, où le groupe réduit le réseau des distributeurs tiers.

Les pressions ne devraient donc qu'en partie s'alléger au deuxième semestre, a indiqué Jean-Jacques Guiony.

Il a également dit qu'à ce jour, LVMH n'avait pas encore pris de décision concernant de possibles ajustements de prix pour répondre aux écarts existants entre l'Asie et l'Europe et qui sont creusés par l'évolution des changes.

Ces écarts, qui incitent la clientèle chinoise à acheter en Europe, devraient, selon les analystes, inciter les groupes de luxe à relever leurs prix en Europe pour préserver leur chiffre d'affaires et leur rentabilité.

En Chine, en proie à un ralentissement économique marqué, Louis Vuitton a souffert du gel des cadeaux d'affaires, très prisés dans le pays. "Le business du cadeau est quasiment arrêté", a indiqué Jean-Jacques Guiony.

Toutes les autres divisions du groupe ont aussi vu leur croissance organique ralentir, à l'exception des parfums et cosmétiques (Dior, Guerlain, Givenchy) restés stables à 9%.

Dans les montres et la joaillerie (Tag Heuer, Bulgari ou Chaumet), elles s'est tassée à 13%.

Bien qu'en léger repli, la croissance est restée très élevée dans les vins & spiritueux (Moët & Chandon, Dom Perignon ou Hennessy) qui progressent de 15% et dans la distribution sélective (Sephora et DFS) qui grimpe de 16%.

Le résultat net avance de 28% à 1,68 milliard.

Le groupe versera à ses actionnaires un acompte sur dividende de 1,10 euro.

Pascale Denis, édité par Benoît Van Overstraeten

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