"La mal-pensance des leaders du FN fait partie de leur prestige"

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Marine Le Pen triomphe le soir du 25 mai. Le Front national, qui a obtenu près de 25 % des suffrages, se proclame premier parti de France.
Marine Le Pen triomphe le soir du 25 mai. Le Front national, qui a obtenu près de 25 % des suffrages, se proclame premier parti de France.

Après le séisme politique issu des urnes dimanche 25 mai, le politologue Pierre-André Taguieff, qui étudie le FN depuis des années, revient sur les raisons du succès du parti des Le Pen. Et pointe l'inefficacité des discours diabolisants tenus par les politiques depuis des décennies.

Le Point.fr : Après les municipales, le FN réalise encore une forte percée électorale. Peut-on dire que Marine Le Pen a réussi la "dédiabolisation" de son parti ?

Pierre-André Taguieff* : Oui et non. Car il ne s'agit pas d'un programme de "dédiabolisation" qui se serait réalisé linéairement. D'une part, la normalisation du FN est loin d'être achevée : la figure de Marine Le Pen reste fortement rejetée, dès lors qu'elle ne symbolise plus seulement une opposition radicale au pouvoir socialiste, à "Bruxelles", à la "mondialisation sauvage" ou à l'immigration de masse. D'autre part, la relative normalisation du FN n'est pas le simple effet de la décision prise par Marine Le Pen, reprenant sur ce point le projet défini par Bruno Mégret dans les années 1990, de "dédiaboliser" le FN. On ne se "dédiabolise" pas selon son bon vouloir. De multiples facteurs sont en jeu dans l'affaire. Le retrait progressif de Jean-Marie Le Pen est simplement dû à l'âge avancé du personnage provocateur. Son effacement a provoqué un appel d'air pour le parti qu'il plombait et isolait. Le renouvellement et le rajeunissement des cadres, des...

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