La majorité des commerçants contre les soldes flottants

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L'Institut français de la mode et le Credoc ont rendu public leur rapport sur les soldes flottants, dans lequel 8 commerçants sur 10 se disent opposés au dispositif pourtant maintenu par le gouvernement pour l'an prochain.

Huit commerçants sur dix se sont prononcés pour la suppression des soldes flottants, selon un rapport élaboré par l'Institut français de la mode (IFM) et le Credoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie) à la demande du ministère de l'Economie. Pourtant, à l'issue de l'étude de ce rapport, Christine Lagarde, ministre de l'Economie, et Frédéric Lefebvre, secrétaire d'Etat au Commerce et à la Consommation, ont annoncé le 6 décembre le maintien de ce dispositif pour l'année prochaine.

Le gouvernement s'est appuyé dans sa décision sur le fait que 71 % des consommateurs interrogés se disent en faveur de ce mécanisme créé en 2009 prévoyant deux semaines de soldes laissées à la liberté des commerçants, en dehors des traditionnelles périodes d'hiver et d'été. Cependant, 35 % seulement des Français interrogés par l'IFM et le Credoc disent connaître la notion de soldes flottants.

Dans un secteur de l'habillement en profonde crise marquée par un recul des ventes depuis deux ans, les achats de vêtements à prix barrés (en soldes et promotion) atteint un record de 32,2 % du chiffre d'affaires annuel (contre moins de 20 % il y a dix ans). En revanche, les soldes flottants n'ont engendré qu'un chiffre d'affaires supplémentaire très symbolique de 56 millions d'euros, soit 0,2 % d'un montant total annuel de 29,2 milliards d'euros. Seul un tiers des commerces d'habillement ont eu recours à ce dispositif, et ce chiffre a nettement baissé entre le second semestre 2009 et le premier semestre 2010.

La plupart des associations et fédérations de commerçants se prononcent «contre» la mesure, y compris les chaînes, seule la grande distribution alimentaire y est favorable. Pourtant, le rapport de l'IFM et du Credoc a recommandé au ministère le maintien du dispositif tout en remplaçant l'intitulé «soldes» qui crée de la confusion par celui de «promotion». «Dans ce contexte de crise et face aux préoccupations liées au pouvoir d'achat des Français, on ne peut recommander la suppression de deux semaines de soldes», justifie Evelyne Chaballier, de l'IFM.

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