La maison Louis Dreyfus soupçonnée de pratiques frauduleuses

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Un négociant en coton poursuit la maison de commerce Louis Dreyfus devant un tribunal de Manhattan pour manipulation supposée des cours du marché. Le plaignant estime avoir perdu plus de 57.000 dollars en dénouant ses positions vendeuses, en raison de cours du coton artificiellement hauts, manipulés par la compagnie selon lui, ce qui lui a coûté son emploi.

D'après le plaignant, ancien chef du département coton de Glencore, la société de commerce Louis Dreyfus Commodities et ses filiales néerlandaises Allenberg Cotton et Term Commodities possédaient au moment des faits, entre mars et juillet 2011, un monopole sur ce secteur. Le plaignant invoque donc les lois anti-trust applicables aux Etats-Unis, le lieu du délit étant la bourse des contrats à termes sur le coton, l'Intercontinental Exchange ICE, basée à Atlanta.

L'abus de position dominante se serait produit dans un contexte d'inondations au Pakistan et de faibles rendements en Chine,  entrainant une hausse des cours autour de 2,27 dollars la livre, suivi du refus de livrer des fermiers américains qui avaient prévendu leur récolte autour d'un dollar la livre. Puis en octobre 2011, la livre de coton était retombée à 96 cents.

Le marché à terme du coton avait subi une situation de squeeze, une contraction artificielle causée par la présence d'un acteur dominant, en mesure de bloquer les contrats vendeurs des autres participants. En l'occurrence, la maison de commerce incriminée aurait conservé jusqu'au bout ses positions longues, forçant les concurrents à acheter des quantités importantes de coton qu'ils ne détenaient pas physiquement, alors que le produit était rare.

En conservant des engagements à des prix plus élevés que le cours spot, ce qui le conduisait à livrer un coton plus couteux que celui qu'il aurait pu se procurer immédiatement, le défendant n'a pas agi conformément à la rationalité économique, estime le plaignant.

Des tentatives équivalentes de démontrer une altération volontaire du marché du pétrole ont échoué en 2000 (affaire Tosco v. Arcadia), du fait de la difficulté à justifier le prix d'une matière première, et à apporter les preuves de telles manipulations.

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