La Maison de la radio et son chantier devenu incontrôlable

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Le PDG de Radio France souhaite le lancement d'un «moratoire sur le chantier de la Maison de la radio». Ce dernier dure depuis 2003 et devrait continuer a minima jusqu'en 2017 pour un coût de près de 500 millions d'euros.

«Il y a dix ans, quand la décision a été prise, la complexité du chantier a sans doute été sous-estimée», admet dans une interview au Monde le PDG de Radio France, Mathieu Gallet. «Je propose un moratoire sur les prochaines phases du chantier, tant qu'une expertise indépendante ne viendra pas nous préciser comment le terminer et distinguer ce qui est nécessaire, pour la sécurité et la mise aux normes de ce qui ne l'est pas.» Des déclarations qui accompagnent ses explications concernant le coût exorbitant - plus de 100.000 euros - des travaux de son bureau.

Qu'en est-il exactement de cet interminable chantier, dont la dernière péripétie en date est l'incendie survenu en octobre dernier? Ses origines remontent à 2003, où l'on décide - pour des raisons de sécurité - que la tour centrale de la Maison de la radio doit subir un raffraîchissement. La préparation de chantier a été effectuée sous la direction de Jean-Paul Cluzel et la construction commencée sous celle de Jean-Luc Hees, qui sont respectivement les deux précédents présidents de Radio France. Aujourd'hui, on estime que le chantier devrait durer jusque fin 2017. Problème: au gré des années et des retards accumulés, les coûts ont explosé.

Un chantier à un demi-milliard d'euros

La Cour des comptes, qui prévoit un rapport sur la gestion de Radio France, «reviendra largement» sur ce chantier colossal, prédit déjà Mathieu Gallet. Et pour cause: le coût du chantier s'alourdit. Rien qu'entre 2010 et 2012, l'addition a grimpé de 22 millions d'euros! Aujourd'hui, le coût total du chantier tutoie le demi-milliard d'euros, à 480 millions. Soit deux fois plus que le budget initial - 172 millions d'euros - qui devait être consacré au chantier, qui avait été établi en 2004.

Pourquoi cette inflation? Parce que le chantier est sans cesse confronté à des aléas: changement des normes (devenues plus sévères), remplacement de trois acteurs clés du chantiers par des nouveaux intervenants qui ont mis du temps à s'y plonger, mais surtout des retards conséquents qui rendent la facture toujours plus salée, ces délais incluant automatiquement la location de locaux provisoires. Mais selon un intervenant du chantier interrogé par BFM Business, la principale difficulté est ailleurs encore: «le chantier n'avait pas été défini au départ de manière assez précise par Radio France. Le chantier a donc été modifié à de très nombreuses reprises alors qu'il avait déjà démarré». Résultat: un chantier interminable devenu peu à peu incontrôlable.

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  • lsleleu le lundi 23 mar 2015 à 19:53

    on va encore monter la redevance ? déjà les émissions sont majoritairement nulles, alors privatison, il n'y a pas + de pub et surtout on a pas a payer cette taxe qui est de la vente forcée .

  • M8252219 le lundi 23 mar 2015 à 17:03

    C'est l 'exemple typique du fonctionnement de l'état français et de la dérive de notre déficit. Aucune conscience sociale de nos décideurs politiques et de la hiérarchie des services de l'état à quelque niveau que se soit. Chacun tire couverture et avantages à soit sans aucune considération de l'argent publique pourvu qu'il aient leurs bonis.