La Maison blanche rejette l'offre républicaine après le shutdown

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VETO D'OBAMA CONTRE TOUTE LOI DE FINANCES PARTIELLE
VETO D'OBAMA CONTRE TOUTE LOI DE FINANCES PARTIELLE

par Thomas Ferraro et Roberta Rampton

WASHINGTON (Reuters) - La Maison blanche a catégoriquement rejeté le plan proposé par les républicains pour rouvrir une partie de l'administration fédérale contrainte de fermer mardi et de mettre à pied près d'un million de fonctionnaires faute d'un budget voté à temps pour le nouvel exercice fiscal.

Les services de Barack Obama ont fait savoir que le président mettrait son veto à toute loi de finances partielle votée par le Congrès qui ne restaurerait qu'une partie des services fédéraux.

Cette fin de non-recevoir de l'administration démocrate laisse augurer de jours difficiles entre Barack Obama et ses opposants, engagés dans un bras de fer à propos de la réforme de la santé voulue par le président.

C'est parce que les républicains demandaient le report d'un an de cette réforme phare, décriée notamment par les fondamentalistes du Tea Party que la loi de finances pour l'exercice fiscal commençant le 1er octobre n'a pu être votée à temps, mettant à l'arrêt administrations, musées et monuments à partir de lundi minuit.

La guerre de tranchées devrait reprendre de plus belle dans quelques semaines, quand le Congrès va devoir voter le relèvement du plafond de la dette fédérale. En l'absence de vote en ce sens d'ici le 17 octobre, l'Etat fédéral ne pourra plus s'endetter légalement et, selon certaines estimations, il pourrait commencer à faire défaut sur une partie de ses obligations entre le 18 octobre et le 5 novembre.

Malgré le "shutdown" des services administratifs, le premier depuis 17 ans, Barack Obama a lancé sa grande réforme du système de santé en ouvrant des plates-formes d'assurance-maladie dans 50 Etats.

Le président a accusé les républicains de la Chambre de prendre le gouvernement en otage pour saboter sa réforme de la santé, considérée comme la plus importante depuis l'entrée en vigueur du système public de soins Medicare dans les années 1960.

"Ils ont fermé le gouvernement sur une croisade idéologique pour priver des millions d'Américains d'une assurance santé abordable", a lancé le président lors d'un discours à la Maison blanche en désignant les élus républicains.

"De nombreux représentants ont clairement dit que s'ils avaient été autorisés par le président (de la Chambre des représentants John) Boehner à voter simplement pour ou contre le maintien en fonctionnement du gouvernement sans autre condition, un nombre suffisant de voix des deux partis aurait maintenu le gouvernement du peuple américain ouvert et en état de fonctionner", a affirmé le président.

"Le Congrès, en général, doit cesser de gouverner par crise", a déclaré le président.

"LE BON MOMENT"

Pour tenter de sortir de l'impasse et ne pas apparaître responsables du blocage, les chefs de file républicains de la Chambre des représentants ont proposé un plan pour permettre la réouverture d'une partie des services fédéraux en faisant voter des lois au cas par cas.

Ils se sont dits prêts à voter trois textes spécifiques concernant les pensions des anciens combattants, les parcs naturels fédéraux et le financement du District de Columbia (Washington DC).

Cela pourrait être une première étape vers un compromis plus vaste et un accord sur le relèvement du plafond de la dette, ont-ils fait valoir.

"Nous demandons aux démocrates de venir à la table (des négociations)", a déclaré le député Thomas Massie, représentant républicain du Kentucky.

La Maison blanche a très rapidement rejeté cette offre, apparemment conçue pour dépasser dans l'immédiat l'antagonisme entre les durs du Tea Party, qui prônent la confrontation avec le gouvernement démocrate, et les républicains modérés.

Cette proposition "montre un manque total de sérieux de la part des républicains", a déclaré le porte-parole de la Maison blanche, Jay Carney.

"Ces efforts parcellaires ne sont pas sérieux et ils ne sont pas une façon de diriger un gouvernement", a ensuite déclaré une autre porte-parole de la Maison blanche, Amy Brundage, dans un communiqué en soulignant que le gouvernement voulait qu'une loi de finances soit votée sans être assortie d'autres dispositions sans rapport avec elle.

"Le président et le Sénat ont été clairs : ils n'accepteront pas ce genre de jeu et si ces textes devaient arriver sur le bureau du président, il y mettrait son veto", a-t-elle dit.

Avant cela, le républicain Peter King, un modéré représentant l'Etat de New York, avait estimé que plus de 100 élus sur les 232 républicains de la Chambre soutiendraient la demande de Barack Obama de rétablir le financement de l'administration fédérale sans condition. Un chiffre qui serait suffisant pour faire passer le budget avec le soutien des 200 représentants démocrates de la Chambre.

Prié de dire pourquoi, dans ce cas, les modérés ne réclamaient pas de vote, Peter King a répondu : "je suppose qu'ils attendent le bon moment".

A Washington, les musées sont restés fermés mardi tandis que la police avait érigé des barrières autour du mémorial de Lincoln et des principaux monuments. A New York, la statue de la Liberté était inaccessible aux touristes.

A Wall Street, les marchés boursiers n'ont pas semblé perturbés. L'indice Dow Jones a gagné 0,41% et le Nasdaq Composite 1,23%.

Roberta Rampton, David Lawder et Mark Felsenthal; Danielle Rouquié pour le service français

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